Infodette
27/04/2006
Actualités : Les IFIs identifient 4 nouveaux pays pour l’initiative PPTE
L’agence Reuters rapporte que « la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) ont identifié 11 pays susceptibles d’être éligibles à un allègement de dette, pour un montant global de 21 milliards de USD, au titre d’une révision de la liste des pays bénéficiant de l’Initiative de 1996 en faveur des Pays Pauvres Très Endettés ».
« Un document de la Banque Mondiale publié lundi 17 avril indique que la République Centrafricaine, les Comores, la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Somalie, le Soudan, le Togo, l’Erythrée, Haïti, la République Kirghize et le Népal répondent aux critères de revenu et d’endettement fixés au titre de l’Initiative PPTE. Ces pays devront mettre en œuvre une série de politiques économiques et engager un certain nombre de réformes pour devenir éligibles à l’allègement de dette en question d’ici trois ans. Le document de la Banque Mondiale a été examiné par les ministres des finances réunis lors des Rencontres de Printemps des pays membres de la Banque Mondiale et du FMI qui se sont déroulées à Washington ce week-end ».
« La Banque Mondiale commente qu’elle est dans l’incapacité de déterminer si l’Afghanistan peut être éligible à un allègement de dette ou non, en raison du fait qu’une grande partie de sa dette est « soit non vérifiée, soit contestée ». Seule les dettes vérifiées et confirmées par les autorités peuvent être prises en considération dans le cadre de l’Initiative PPTE ».
Quelques commentaires d’Eurodad : il est très encourageant de constater que les IFI ajoutent quelques pays supplémentaires à une liste de PPTE supposée être close de longue date, et reconnaissent ainsi implicitement que le fardeau de la dette insoutenable représente un problème insurmontable pour un plus grand nombre de pays pauvres que ce qui avait été initialement admis. D’un autre côté, la réouverture du processus d’éligibilité n’est peut-être pas une si bonne nouvelle ; l’expérience montre en effet que l’Initiative PPTE – qui se base de façon erronée sur la « remboursabilité » de la dette plutôt que sur une « réelle » soutenabilité de la dette – ne permet pas systématiquement de sortir une fois pour toutes du piège de la dette, et reste, au mieux, une aide, somme toute partielle, pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement. En outre, les conditions parfois très onéreuses liées à ce processus entraînent des coûts qui trop souvent éclipsent les bénéfices tirés de ces annulations. Le 10ème anniversaire de l’Initiative PPTE cet automne ne sera donc peut-être pas célébré autant que prévu…
Déclaration de la Société Civile : « Sortez l’Indonésie de la pauvreté : Annulez la dette odieuse et illégitime » de l’Alliance Populaire pour l’Annulation de la Dette (GARPU)
La visite en Indonésie du Président de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz, aurait dû être l’occasion d’un plaidoyer en faveur d’une annulation de la dette odieuse et illégitime du pays.
Un des programmes phare de Monsieur Wolfowitz réside dans la lutte contre la corruption, tant dans les pays emprunteurs qu’au sein de la Banque Mondiale. Nous souhaitons vivement rappeler une nouvelle fois à La Banque que l’éradication de la corruption ne peut se limiter uniquement au contrôle de la dette en cours, mais doit également reconnaître la corruption liée aux dettes contractées par le passé et y mettre un terme de façon impartiale.
Il est de notoriété publique qu’environ 30% des prêts de la Banque Mondiale accordés sous le règne de Suharto étaient corrompus. De plus, la dette accumulée durant le règne de Suharto peut être qualifiée d’illégitime car 1) elle a été contractée par un régime autoritaire ; 2) le processus de contraction de la dette n’a pas fait l’objet d’une consultation publique.
Les faits sont donc en totale contradiction avec les fondements même de la Banque Mondiale, explicités dans les Statuts de l’AID, Article III, Clause 5, Paragraphe C, qui établissent : « La Banque Mondiale détermine des règles garantissant que chacun des fonds issus d’un prêt soit utilisé à la seule fin d’atteindre un objectif inscrit dans les objectifs fixés par l’accord du prêt en question, au service de préoccupations économiques et d’efficacité et en dehors de toute considération ou influence, politique ou qui ne soit pas économique. »
Les dettes odieuses et illégitimes sont des phénomènes répandus dans les pays en développement dirigés par des régimes autoritaires. Le dette externe de l’Argentine, sous le gouvernement de la junte militaire, s’élevait à 168 milliards de USD ; Le Congo, sous Mobutu, a accumulé une dette externe de 176 milliards de USD ; la plus grande dette externe était cependant celle de l’Afrique du Sud durant le régime de l’apartheid, qui s’élevait à 500 milliards de USD. La dette des Philippines a elle atteint 56 milliards de USD, et celle de l’Indonésie jusqu’à la fin du règne de Suharto, 80 milliards de USD.
Ces faits montrent qu’il y a toujours eu deux parties impliquées dans l’accumulation d’une dette odieuse : il y a toujours eu un gouvernement irresponsable et un bailleur ignorant ayant une fâcheuse tendance à laisser s’installer une corruption galopante (résultante d’un gouvernement irresponsable et de prêts accordés à la légère). Le fait que le bailleur, en l’occurrence la Banque Mondiale, continue depuis des années à réaliser des transactions avec des régimes autoritaires partout dans le monde, y compris avec l’Indonésie, prouve qu’elle est pendant tout ce temps restée ignorante de l’importance de la démocratisation d’un pays, et qu’elle a contribué par ces pratiques à soutenir et à renforcer des régimes autoritaires.
Outre cette question de la résolution impartiale des affaires de corruption, nous souhaitons rappeler que la Banque Mondiale est grandement responsable de l’appauvrissement de l’Indonésie ainsi que de plusieurs autres pays, par les programmes de libéralisation, de privatisations et de déréglementation qu’elle leur a imposés.
La répétition d’événements divers survenus ces dernières années en Indonésie, comme la réapparition de maladies qui avaient été éradiquées – la polio, la tuberculose, la maladie de l’œdème (marasme et kwashiorkor) – est due à la réduction de la part du budget de l’Etat consacrée aux dépenses sociales, une réduction à laquelle l’analyse de la Banque Mondiale ayant conclu que la dette de l’Indonésie était techniquement soutenable n’est pas étrangère.
Aujourd’hui, la dette externe totale de l’Indonésie s’élève à 134 milliards de USD, dont 80 milliards représentent la dette du gouvernement. Lors de la planification budgétaire de l’Etat (APBN) pour l’année 2006, le gouvernement a alloué 26% du budget (139 trillions de Roupies) au remboursement de la dette, alors que seuls 5% du budget sont consacrés à l’éducation (36 755 millions de Roupies) et 2% à la santé (13 523 millions de Roupies).
Le nombre de personnes vivant dans la pauvreté en Indonésie ne cesse d’augmenter (110 millions de personnes, soit 50% de la population indonésienne, vivent avec des revenus inférieurs à 2 USD par jour), notamment en raison de la suppression de diverses subventions, au pétrole raffiné (BBM) ou aux engrais par exemple, et de l’augmentation des prix de l’électricité et de l’eau, causée par les politiques de privatisations, de libéralisation et de déréglementation.
Nous affirmons que tant que les pays riches, et en particulier les pays du G7, domineront les votes au sein de la Banque Mondiale, l’institution n’élaborera aucune politique en faveur des pauvres et des pays en développement. Il est par conséquent absolument indispensable de modifier le processus de prise de décisions au sein de la Banque Mondiale.
Il serait parfaitement injuste que le peuple indonésien continue de payer et de supporter le fardeau d’une dette dont l’usage ne lui a jamais bénéficié.
Par conséquent, nous demandons:
1. Que la Banque Mondiale annule la dette indonésienne, en particulier la dette odieuse et illégitime, et crée pour cela une cellule indépendante d’étude sur les projets touchés par la corruption sous le règne de Suharto ;
2. Que la Banque Mondiale réforme son propre système de prise de décisions, conformément aux exigences de la communauté internationale, et donne plus de droits de vote aux pays en développement, en se basant par exemple sur la population de chaque pays et non plus simplement sur le montant de sa contribution ;
3. Etant donnés les graves restrictions budgétaires entraînées par le poids de la dette sur les dépenses sociales, et les impacts du tsunami sur la région d’Atjeh, l’île de Nias et le Nord de Sumatra, nous demandons au gouvernement d’exiger l’annulation de la dette concernant plusieurs projets développés dans ces régions touchées par la catastrophe ;
4. Que le gouvernement indonésien commence dès à présent à enquêter sur le capital et les biens de Suharto devant être restitués au peuple.
Jakarta, 11 Avril 2006
Personnes contact:
1 Chris Wangkay (Militant ONG, INFID)
2 Muslim Adurrahman (Représentant musulman)
3 Binny Buchori (Militant ONG, Perkumpulan PraKarsa)
4 Benni Susetyo (Représentant catholique)
5 Dwi Astuti (Militant ONG, Bina Desa)
6 Franky Sahilatua (Musicien)
7 Rieke Diah Pitaloka (Actrice)
Analyse: Le rapport « L’effet boomerang de la dette » présente les impacts de la dette des pays pauvres sur les Etats-Unis
L’annulation de la dette des pays pauvres serait bénéfique pour l’emploi, l’environnement, la santé et la sécurité des Etats-Unis.
Selon le nouveau rapport « L’effet boomerang de la dette 2006 » publié par l’Institut d’Etudes Politiques, l’annulation des dettes étrangères est non seulement nécessaire mais servirait également les intérêts des citoyens américains.
Les conséquences de ces dettes sont certes plus directes et menaçantes pour les citoyens des pays du Sud, mais elles ont également des effets secondaires sur les Etats-Unis, où elles pèsent sur l’emploi, sapent les systèmes de santé et de sécurité, et contribuent au réchauffement de la planète.
Pour consulter le rapport complet (40 pages):
http://www.ips-dc.org/boomerang/DB2006.pdf
Emploi : EURODAD recherche un Chargé de projet et de campagne (Aide et Pauvreté)
Le Réseau Européen sur la Dette et le Développement, basé à Bruxelles, coordonne les efforts de la société civile pour améliorer la qualité de l’aide accordée aux pays en développement et promouvoir un financement international du développement plus juste et axé sur le développement humain. Eurodad propose un contrat à plein temps d’un an, pendant lequel le Chargé de Programme travaillera en lien avec les membres du réseau partout en Europe, assurera l’information des membres du réseau, et facilitera le travail de plaidoyer, dans un contexte offrant de réelles opportunités politiques d’évolution dans ce domaine.
Ce poste, au sein de l’équipe d’Eurodad, a pour fonction d’aider à faire progresser le travail de celle-ci sur les questions de l’aide et de la pauvreté, notamment sur la conditionnalité de l’aide, les montants d’aide accordés et l’allocation de l’aide (par les donateurs bilatéraux et multilatéraux).
Le candidat sélectionné aura une bonne connaissance de l’actualité sur les thématiques de l’aide – les niveaux accordés, les modes d’allocations, les impacts de celle-ci – et une expérience de travail en collaboration avec des organisations de la société civile. Il maîtrisera l’anglais à l’oral comme à l’écrit, et aura d’excellentes connaissances du français et/ou de l’espagnol comme langue de travail. Il sera capable de travailler au sein d’une petite équipe et de prendre des initiatives.
Renseignements pour envoyer votre candidature et profil complet du poste:
http://www.eurodad.org/articles/default.aspx?id=697
Date limite pour postuler : 3 Mai 2006
Emploi : Jubilee Debt Campaign (GB) offre deux nouveaux postes
ASSISTANT DE CAMPAGNES ET DE COMMUNICATIONS
Vous êtes doué pour concevoir des supports de campagnes et organiser des événements ? Vous aimez travailler en lien avec les médias ? Nous recherchons une personne compétente et expérimentée en communication et en organisation de campagnes et d’événements, pour produire et publier des supports de campagnes (écrits et électroniques), organiser des événements pour les militants et améliorer notre couverture médias. Salaire : £20,631 - £24,734 par an (selon expérience).
RESPONSABLE « EDUCATION ET SENSIBILISATION »
Vous êtes doué pour diriger des ateliers à destination d’enseignants et de dirigeants de communautés ? Vous aimez développer des supports éducatifs et informatifs ? Nous recherchons une personne pour l’équivalent de trois jours par semaine, afin d’aider les enseignants, les éducateurs informels et les dirigeants de communautés à intégrer la question de la dette à leurs programmes et à développer leur travail sur les thématiques de la dette afin de favoriser l’éducation citoyenne. Salaire : £25,320 - £29,423 (selon expérience).
POUR POSTULER : Vous pouvez télécharger le formulaire de candidature et le profil complet du poste sur le site de JDC: www.jubileedebtcampaign.org.uk/jobs (ou téléphonez au 020 7324 4722).
Date limite pour envoyer votre candidature complète : mardi 9 mai à 18h.
Voir les anciens numéros
Retour à la page d'accueil