Infodette 14/04/2006

ACTUALITES: Aucun accord conclu sur l’annulation de la dette envers la Banque Interaméricaine de Développement


La réunion annuelle des Gouverneurs de la Banque Interaméricaine de Développement s’est conclue la semaine dernière sans annonce majeure sur une annulation de la dette des 4 pays latino-américains PPTE et d’Haïti envers la BID. Le nouveau Président bolivien Evo Morales avait pourtant ouvertement appelé à une annulation de la dette avant la réunion, de même qu’il a souligné, tout au long de celle-ci, les problèmes de pauvreté et d’inégalité persistants dans cette région. Lors de la séance d’inauguration, Monsieur Morales a insisté sur le fait que la majorité indigène peuplant son pays devait bénéficier des ressources naturelles nationales. Le Président hondurien José Manuel Zelaya a expliqué que le taux de croissance de 5% observé pendant les trois dernières années n’avait pas suffit pour réduire les inégalités. Etant donnée la situation, les campagnes de la société civile sur ce thème vont se poursuivre. Dans les semaines à venir, Eurodad continuera de publier des informations sur les actions et documents produits pour soutenir la campagne pour l’annulation de la dette envers la BID.

Revue de Presse

5 Avril 2006

La Réunion Annuelle de la BID se termine par un appel à étendre la croissance économique des pays pauvres et défavorisés de la région

BELO HORIZONTE, Brésil – La 47ème réunion annuelle des Gouverneurs de la Banque Interaméricaine de Développement s’est conclue aujourd’hui sur un appel à l’Amérique latine et aux Caraïbes pour réduire l’écart existant entre les meilleures performances économiques de ces dernières années et les problèmes persistants de pauvreté et d’inégalités.

Pour plus d’informations, consulter :

http://www.iadb.org/NEWS/articledetail.cfm?artid=2999&language=En (en anglais)

http://www.iadb.org/NEWS/articledetail.cfm?language=Spanish&ARTID=2999 (en espagnol)

http://www.iadb.org/NEWS/articledetail.cfm?language=Portuguese&ARTID=2999 (en portugais)

 

ACTUALITES: Les chiffres officiels de l’OCDE confirment le rapport des ONG dénonçant une aide européenne artificiellement gonflée


Les chiffres officiels de l’OCDE confirment le rapport des ONG dénonçant une aide européenne artificiellement gonflée

Le rapport « EU AID, Genuine Leadership or Misleading Figures » produit par Eurodad en partenariat avec une vaste coalition d’ONG européennes, est conforté par les chiffres officiels publiés par l’OCDE la semaine dernière.

Les chiffres officiels de l’OCDE confirment que les gouvernements gonflent artificiellement les montants de leur aide au développement, en comptabilisant des sommes qui ne sont pas des ressources nouvelles pour l’aide au développement. En fait, les chiffres de l’OCDE concernant la dette sont même plus élevés que ceux que nous avons publiés à l’origine : sur le montant totale d’aide européenne, les allègements de dette s’élèvent en fait à 11,8 milliards d’Euros, et non pas à 10,8 milliards comme l’indiquaient nos estimations trop prudentes. Selon l’OCDE, une fois les allègements de dette soustraits, on s’aperçoit que les montants réels d’aide du Royaume-Uni et de l’Allemagne ont en fait tout les deux diminué.

Un rapport complet prenant en compte les nouveaux chiffres de l’OCDE sera publié fin avril.

La couverture médiatique – tant de la radio que des journaux – du rapport de la coalition d’ONG européennes a été assez importante au niveau international. Vous en trouverez ci-dessous une courte sélection :

Revue de presse:

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Financial Times:  EU nations accused of overstating aid figures http://news.ft.com/cms/s/45770846-c337-11da-a381-0000779e2340.html

The Guardian: British government accused of inflating aid figures http://business.guardian.co.uk/story/0,,1746234,00.html

Le Monde: L'UE accusée de "gonfler artificiellement" le montant de son aide au développement, http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-757486@51-757491,0.html

La Libre Belgique: Les pays européens ont « gonflé » leur aide  http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=91&art_id=278463

AFP in German: Entwicklungsorganisationen gegen EU-Exportsubventionen, http://de.news.yahoo.com/04042006/286/entwicklungsorganisationen-eu-exportsubventionen.html

Reuters: http://today.reuters.com/News/CrisesArticle.aspx?storyId=L03108608

Washington Post: Debt relief lifts aid to record high in 2005-OECD: http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2006/04/04/AR2006040400696.html

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Pour consulter le rapport complet des ONG européennes : EU AID: Genuine Leadership or Misleading Figures?


ACTION ET DEBAT: Le point sur l’Indonésie


Dans ce numéro, Eurodad publie une lettre et un article, tous les deux diffusés par des militants indonésiens, sur le thème du fardeau de la dette publique indonésienne. Le premier document est une lettre publiée par l’Alliance du Peuple Indonésien pour l’Annulation de la Dette, qui s’adresse au Premier Ministre britannique Tony Blair afin de l’exhorter à montrer la voie aux autres pays sur le thème du fardeau de la dette insoutenable de l’Indonésie. Le second document est un article rédigé par Ivan Hadar, de l’organisme « Institute for Democracy Education in Indonesia », qui a été publié dans la presse indonésienne. Il souligne le besoin urgent d’un réel allègement de la dette, non seulement pour les pays les moins développés, mais également pour les pays en développement à moyen revenu, afin de leur donner les moyens d’atteindre les objectifs de développement fixés par la communauté internationale.

 

ACTION : Alliance du Peuple Indonésien pour l’Annulation de la Dette

Jl. Mampang Prapatan XI No. 23 Jakarta 12790 Tél. 79196721  Fax. 7941577

Contact : Chris Wangkay : chris@infid.org

Monsieur Tony Blair

Premier Ministre

10 Downing Street

London

SW1A 2 AA

Grande-Bretagne

Monsieur le Premier Ministre,

Nous, l’Alliance du Peuple Indonésien pour l’Annulation de la Dette (GARPU), aimerions attirer votre attention sur le fardeau de la dette indonésienne et ses conséquences sur le développement humain.  

La coalition, qui se compose d’ONG, d’organisations d’individus, d’artistes, et de groupes religieux, croit sincèrement que les obligations de remboursement et de service de sa dette a sérieusement entravé les efforts faits par l’Indonésie pour éradiquer la pauvreté, et donc pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Le montant total de la dette extérieure de l’Indonésie s’élève à 134 milliards de USD, dont 79 milliards en dette souveraine. Selon le rapport de la Banque Mondiale « Global Development Finance 2005 », le ratio de la dette extérieure de l’Indonésie à ses réserves étrangères a atteint 387,3%, ce qui classe l’Indonésie dans la catégorie des Pays à Moyen Revenu Fortement Endettés.

Concernant le service de sa dette, l’Indonésie a dû débourser entre 4 et 5 milliards de USD par an, et pas moins du quart du budget de l’Etat indonésien est alloué au remboursement de la dette chaque année. A titre de comparaison, seulement 5% du budget sont dédiés à l’éducation, et 2% aux services de santé, en conséquence de quoi nous assistons aujourd’hui à l’effondrement des bâtiments scolaires, à un taux croissant d’abandon de la scolarité, et à une augmentation de la mortalité infantile causée par des maladies que l’on peut prévenir. De plus, les infrastructures publiques telles que les routes, les ponts et les ports se détériorent sous nos yeux.

Nous pensons réellement que tout cela est inacceptable, et pourrait facilement être évité. L’Indonésie doit aujourd’hui affronter, dans le cadre du mécanisme actuellement en place, une opinion et des évaluations rigides de la part des créanciers au regard de l’éligibilité du pays à un allègement de dette.

En tant que chef d’Etat du G8 qui a, en 2005, promu et approuvé une annulation de la dette pour éradiquer la pauvreté, et en tant qu’intervenant clé dans l’accord sur la dette du Nigeria, nous vous lançons un appel et vous conjurons de démontrer votre engagement impartial pour l’éradication de la pauvreté mondiale :

a. En prenant l’initiative d’alléger la dette de l’Indonésie, par l’annulation de la dette indonésienne envers le Royaume-Uni ;

b. En démontrant aux créanciers que, si l’on se base sur ses conséquences sur le développement humain, la dette de l’Indonésie est insoutenable, et en développant une analyse plus large de la soutenabilité de la dette indonésienne, qui soit approuvée tant par les créanciers que par le gouvernement indonésien ;

c. En développant un forum de négociation entre l’Indonésie et ses créanciers, au sein duquel les parties prenantes pourraient négocier sur un pied d’égalité, dans l’optique des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 Jakarta, 29 Mars 2006

 1. Chris Wangkay (Militant, ONG INFID)

2. Muslim Abdurahman (Représentant musulman)

3. Rieke Diah Pitaloka (Artiste)

4. Franky Sihalatua (Artiste)

5. Binny Buchori (Militant, ONG Prakarsa)

6. Dwi Astuti (Militant, ONG Bina Desa)

7. Benny Susetyo (Représentant catholique)


DEBAT: DE LA CAPACITE DE L’INDONESIE A REMBOURSER SA DETTE

KOMPAS, 22 Mars 2006

Par Ivan A. Hadar*

« Il devient impératif de réduire ou de restructurer la dette, non seulement pour les pays les moins développés mais également pour les pays en développement à moyen revenu. » (Susilo Bambang Yudhoyono, lors de la réunion « Financing for Development », New-York, 14/09/2005).

Il y a quelques temps, Andrew Steer, Directeur Pays pour l’Indonésie à la Banque Mondiale, a indiqué que l’Indonésie n’obtiendrait pas de réduction de dette car elle était considérée comme étant capable de la rembourser. Le paiement de sa dette, a-t-il expliqué, ne l’empêcherait pas d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (Kompas, 24/10/2006). Mais est-ce bien vrai ? Le gouvernement indonésien a catégoriquement démenti cette déclaration. Ainsi par exemple, le Ministre des Finances Sri Mulyani a déclaré : « Une des principales difficultés que doit affronter le gouvernement pour atteindre les objectifs de développement national, dont les objectifs du millénaire pour le développement, est la dette extérieure. Par conséquent, l’Indonésie continuera à revendiquer l’importance de l’annulation de la dette. » (Koran Tempo, 24/10/2005)

Récemment, en coopération avec la CNUCED, l’Indonésie a accueilli « l’Atelier Régional sur la Soutenabilité de la Dette et les Stratégies de Développement », au cours duquel des représentants de 17 pays débiteurs d’Asie ont ensemble tenté d’élaborer une nouvelle variable qui puisse être utilisée pour représenter leur capacité de remboursement de dette (Kompas, 21/02/2006), et ont recommandé que cette dernière ne soit pas uniquement mesurée en terme de ratio de dette/revenu national brut, mais prenne aussi en compte la variable d’investissement dans le secteur social, en particulier les efforts pour éradiquer la pauvreté. 

Malheureusement, de nombreuses déclarations faites à propos de l’importance de l’annulation de la dette et les recommandations liées à la soutenabilité de la dette restent à l’état de discours. Afin de couvrir les besoins financiers du budget de l’Etat en 2006 (APBN), le gouvernement a par exemple assuré que son endettement s’élèverait à 3,55 milliards de USD, et qu’il accepterait en outre une offre de prêt plus intéressante du Japon, d’un montant de 1 milliard de USD. Le principe qui consiste à « emprunter à l’un pour payer l’autre » est toujours d’usage, ignorant la logique qui voudrait que l’Indonésie évite de contracter de nouveaux emprunts si elle veut en finir avec le fardeau de la dette.

Le gouvernement a également promis qu’il resterait constant dans l’application de sa politique financière, et ne contracterait de nouvel emprunt que si nécessaire, avec un faible taux d’intérêt et sur le long terme, et qu’il continuerait de réduire la proportion de crédits à l’exportation. Il doit également diminuer le ratio de la dette au revenu national brut (RNB) de 50% environ à 30% en 2009 (Kompas, 11/1/2006), une ambition qui sera difficile à concrétiser selon certains.

Il est ironique de constater qu’un pays classé « lourdement endetté » comme l’Indonésie n’ait même pas de Bureau de Gestion de la Dette. De plus, le processus d’élaboration des projets de lois sur les prêts et dons étrangers, sur la gestion de la dette et sur la limitation de la dette est très long. Comme l’ont souligné les membres du Parlement du Comité sur la Dette (KAPU), il n’est donc pas surprenant que, bien que « le gouvernement ait payé le capital et les intérêts de sa dette extérieure pour un montant de 173 billions de Roupies, ce qui dépasse les montant des nouvelles dettes contractées », le montant continue d’augmenter d’année en année (Kompas, 06/02/2006).

Théoriquement, selon Daseking et Kozack (2004), un pays comme l’Indonésie ne devrait pas pouvoir atteindre son objectif du millénaire pour le développement qui consiste à diminuer la pauvreté de moitié d’ici 2015, à moins qu’il ne connaisse une forte croissance économique et qu’il parvienne à renforcer ses institutions, à mettre en œuvre des politiques en faveur des citoyens et à sortir du cercle vicieux de l’endettement.

Actuellement, la part des intérêts et des versements échelonnés payés par le gouvernement en règlement de la dette extérieure s’élève à 31% des recettes fiscales, un montant qui aurait dû être utilisé pour financer la construction d’infrastructures et d’autres investissements sociaux. En 2000, après un rééchelonnement de la dette, environ 15,4% des revenus nationaux ont été utilisés pour rembourser le capital et les intérêts des emprunts extérieurs. De 2001 à 2005, ce ratio a fortement augmenté pour atteindre 22%. A noter que depuis 2003, un délai de grâce a été accordé sur le paiement de nombreuses dettes extérieures, rééchelonnées par le Club de Paris 1 et 2.

En 2004, le gouvernement a affecté 69,6 billions de Roupies au paiement du capital et des intérêts de sa dette extérieure, soit 32% du total des impôts sur le revenu et de la TVA de cette année, ce qui signifie qu’un tiers des impôts sur le revenu et de la TVA infligés aux citoyens a été utilisé pour payer la dette extérieure du gouvernement. La nouvelle dette additionnelle de 3,4 milliards de USD contractée début 2005 a encore augmenté la part du budget allouée aux remboursements des intérêts et du capital, et a conduit à un endettement de 3,55 milliards de USD.

Les conséquences sont très claires. Les dernières statistiques du Bureau Central de Statistiques (BPS) indiquent qu’un tiers des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition. En fait, les cinq premières années sont extrêmement importantes et déterminent la santé et l’intelligence d’un enfant. Malgré cela, le budget consacré à l’éducation est relativement restreint. A titre de comparaison, la part du budget indonésien allouée à l’éducation s’élève à environ 8,7% du budget total consacré au développement, alors qu’en Thaïlande cette part est de 30%, au Myanmar de 18% et au Bengladesh de 16%. Si des progrès importants ne sont pas faits, l’UNICEF indique que l’Indonésie pourrait bien engendrer une génération perdue du fait de niveaux de services de santé et d’éducation très faibles. En Indonésie, des millions de personnes se voient privées de leurs chances d’améliorer leur qualité de vie pour que le gouvernement puisse s’acquitter du paiement des échéances de ses dettes extérieures.

Pour en revenir à la phrase du Président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono citée en début de ce document, le gouvernement admet aujourd’hui qu’il n’a pas la capacité de payer ses dettes et qu’il a un besoin urgent d’un allègement de dette pour pouvoir atteindre les objectifs du millénaire pour le développement qu’il s’est fixés. L’Indonésie ne doit pas être gênée ni se retrouver seule à essayer de nier la situation. Il faut apprécier son honnêteté lorsqu’elle est au service d’une noble cause, à savoir la réduction drastique de la pauvreté. Des politiques et des lois claires sont maintenant nécessaires pour que nous puissions nous débarrasser de cette dépendance envers la dette extérieure le plus tôt possible.

* Ivan A Hadar, Directeur Exécutif de Indonesian Ide (Institute for Democracy Education; ivan-ah@centrin.net.id )


EVENEMENTS: REUNION DE PRINTEMPS DE LA BANQUE MONDIALE ET DU FMI, WASHINGTON DC


«Donner à la Soutenabilité de la Dette un Visage Humain », Washington DC

Date: le 21 avril 2006.

Lieu: Banque Mondiale, Washington.

Organisé par: AFRODAD, EURODAD, LATINDAD, CIDSE, JUBILEE USA.

Pour consulter le programme et obtenir plus d’informations, contacter Aldo Caliari aldo@coc.org


EMPLOI: Chargé(e) de projet et de campagne (Aide et Pauvreté), Eurodad


Après quelques années à Bruxelles, Hetty Kovach va quitter Eurodad fin mai, en vue de retourner en Angleterre. Elle travaillera désormais pour OXFAM GB et nous lui souhaitons beaucoup de succès.

Par conséquent nous recherchons un(e) candidat(e)  pour continuer son travail de Chargé de projet et de campagne au sein de notre équipe.

Date limite pour postuler: 3 mai. Pour plus d’informations, consulter : http://www.eurodad.org/articles/default.aspx?id=697


EMPLOI: Responsable de Programme / Chercheur en Economie : nouvelle économie mondiale


Responsable de Programme / Chercheur en économie : nouvelle économie mondiale

Date limite pour postuler: 12 Avril 2006

Pour plus d’informations, consulter : www.neweconomics.org ou envoyer un mail à yolande.hanchen@neweconomics.org



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