Infodette
27/02/2007
ACTION! CEDE, AFRODAD et EURODAD demandent l’annulation immédiate de la dette du Libéria
CEDE, AFRODAD et EURODAD ont écrit aux Directeurs Exécutifs Européens de la Banque Mondiale et du FMI pour les exhorter à trouver rapidement une solution à l’endettement qui paralyse le Libéria
Au cours de la conférence internationale de donateurs sur le Libéria qui s’est déroulée à Washington DC le 14 février 2007, la Présidente libérienne, Ellen Johnson-Sirleaf, a exhorté la Banque Mondiale, le FMI et les bailleurs de fonds bilatéraux à trouver rapidement une solution à la crise d’endettement que son pays traverse actuellement. Le Libéria doit en effet plus de 3,7 milliards de USD à ses créanciers, une somme qui représente 3000% de ses exportations - alors que les IFI déterminent qu'une dette est soutenable lorsque le ratio dette/exportations ne dépasse pas 150%. Sur ce montant, 1,5 milliard de USD sont des arriérés que le pays doit au FMI, à la Banque Mondiale et à la Banque Africaine de Développement. La dette du Libéria est impossible à rembourser et à collecter. Tout le monde le reconnaît. Les arriérés du pays à l’égard des trois institutions multilatérales doivent cependant être annulés pour que ce dernier puisse enfin « normaliser » ses relations avec la communauté internationale et obtenir une annulation de sa dette ainsi que de nouveaux financements. La question du financement d’une opération si massive de liquidation d’arriérés fait toutefois l'objet de vifs débats politiques.
Dans un courrier adressé au Directeur Général du FMI, la Présidente Johnson-Sirleaf déplore que les discussions n’aboutissent pas plus rapidement à une résolution du problème. La Présidente fait également part de ses préoccupations sur le fait que le processus de l’Initiative PPTE risque d’être long, et argumente que la Banque Mondiale et le FMI devraient reconnaître que le gouvernement a réalisé de réels progrès en matière de réformes économiques et de gouvernance. Elle ajoute les IFI devraient tenir compte de ces progrès dans leur appréciation des performances du pays vis-à-vis des réformes politiques qu’elles lui imposent en préalable à l’Initiative PPTE.
Le problème réside dans le fait que les Fonds Fiduciaires PPTE et AIDM (qui financent l’annulation de dette multilatérale) ne possèdent pas les fonds suffisants pour compenser les arriérés persistants des trois pays que sont le Libéria, la Somalie et le Soudan. Le Libéria est le premier des trois qui soit en mesure d’espérer résoudre la situation d’arriérés et d’endettement dans laquelle il se trouve.
Sur la somme de 1,5 milliard de USD d’arriérés, près de la moitié est due au FMI (49%). Au cours des derniers mois, le FMI a présenté différentes alternatives destinées à financer l'opération de liquidation des arriérés. Les options proposées incluent la vente partielle de stocks d’or (qui prendrait probablement du temps), la distribution de réserves collectives (qui nécessite l’accord de 70% des actionnaires), le recours aux ressources du Compte Spécial Conditionnel, le CSA-1 (fonds créé en 1987 pour consolider la situation financière du FMI face aux impayés des pays membres – probablement l’option la plus rapide). Les autres propositions du FMI incluent notamment la conclusion d’un accord exceptionnel de FRPC qui soit assez conséquent pour permettre de couvrir les opérations de liquidation d'arriérés (ce qui générerait également d’importantes nouvelles dettes). Ces différentes alternatives mises à part, le FMI souligne que la solution la plus directe serait la provision de financements bilatéraux extérieurs qui puissent couvrir le traitement des arriérés. Une proposition qui ne surprend pas vraiment lorsque l’on sait que l'institution traverse actuellement une grave crise financière (dont elle est entièrement responsable). Quoi qu’il en soit, même si les bailleurs bilatéraux apportent les fonds suffisants pour compenser le coût de la liquidation des arriérés, l’opération sera très certainement comptabilisée comme de l’APD, et ce, même si la somme toute entière est destinée aux institutions multilatérales et que le Libéria n’en voit pas un centime. La Présidente Johnson-Sirleaf se montre également inquiète de ce que les querelles des bailleurs sur les montants à débourser ne ralentissent l’ensemble du processus, et que son gouvernement se voie finalement accorder moins de financements. Dans sa lettre, elle explique que « nous craignons qu'une grande partie des nouveaux financements [extérieurs] ne freine le processus et ne réduise le montant des fonds directement alloués au Libéria à des fins de reconstruction et de développement ». Dans un tel contexte, le FMI – ainsi que les autres créanciers – devrait assumer les « mauvais prêts » qu’il a accordés, dont la plupart n’ont jamais servi les intérêts du pays destinataire en premier lieu.
Concernant la Banque Mondiale, le Président Wolfowitz a à plusieurs reprises déclaré publiquement que le gouvernement de la Présidente Johnson-Sirleaf pouvait compter sur son soutien et qu’il allait être nécessaire « d’assouplir les règles » pour parvenir à trouver rapidement une solution à l’endettement qui paralyse le pays. Il a en outre enjoint le G7 et les autres bailleurs de fonds bilatéraux à promettre d’allouer de nouveaux financements en soutien à la résolution de la crise d’endettement du pays et en compensation des pertes que pourrait subir la Banque Mondiale. Au cours de la conférence, il a semblé que la Banque Mondiale se dirigeait vers une solution mixte, grâce à laquelle elle combinerait des ressources internes avec des contributions bilatérales extérieures. Si c’est bien cette solution qui est retenue à Washington, les organisations de la société civile devront surveiller de près les montants déclarés comme APD et révéler l'aide factice lorsque les bailleurs n’ont en réalité alloué aucune nouvelle assistance. EURODAD exhorte les bailleurs de fonds européens à montrer l’exemple et à imiter la Norvège en ne comptabilisant pas les annulations de dette - ou les opérations de liquidation d'arriérés - comme de l'APD. Les engagements qu’ils ont pris envers les ODM et pour la reconstruction et le développement du Libéria n’en seront que plus crédibles.
En somme, il devient urgent de trouver une issue aux négociations relatives à la résolution de la crise d’endettement du Libéria. Dans le courrier qu’elle a adressé au Directeur Général du FMI Rodrigo de Rato, la Présidente libérienne souligne qu’il est « important que les libériens voient des résultats tangibles dès que possible. Le fardeau de dette étant un des signes les plus visibles de la mauvaise gestion générale du passé, l’éliminer rapidement récompenserait vraiment nos efforts ». Tel est indubitablement le message que la Présidente a emmené avec elle à Washington ce 14 février et que CEDE, AFRODAD et EURODAD reprennent pour exhorter les créanciers à prendre une décision et à annuler les dettes du Libéria immédiatement, sans conditions et selon le principe d’additionnalité, afin de soutenir la reconstruction et le développement du Libéria en période de post-conflit. Toute solution intermédiaire sera insuffisante. EURODAD informera ses lecteurs de l'issue de la conférence de donateurs dès que ces informations seront disponibles.
Remarque : Les principaux créanciers du Libéria sont : l’Allemagne (232 millions de USD), le Royaume-Uni (76 millions de USD), l’Italie (51 millions de USD), le Danemark (17 millions de USD), la France (16 millions de USD), la Norvège (9 millions de USD) et la Suède (9 millions de USD). Dans de nombreux cas (pour ne pas dire tous), les intérêts et frais de pénalités représentent plus de la moitié des créances.
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Forum Social Mondial 2007 : des débats enrichissants et des résultats fructueux
Eurodad et ses organisations membres ont participé de façon très active au Forum Social Mondial de Nairobi. Nous avons en effet co-organisé plusieurs ateliers sur les thématiques de l’aide et de la dette, et Alex Wilks est intervenu dans un certain nombre d'ateliers et de séminaires, et en a également animé quelques-uns. La plupart des ateliers se sont déroulés sans problème, et ont pu compter sur la participation de nombreux militants d’Afrique et de tous continents ainsi que de présentations bien documentées. Parmi les faits les plus marquants, on retiendra l’intervention de Wangari Maathai qui, s’adressant à une tente bondée de monde, a déclaré : « nous ne pouvons tolérer nos dettes, non seulement parce qu’elles sont illégitimes, mais surtout parce qu’elles tuent littéralement nos peuples ».
De nombreux réseaux et mouvements ont rédigé une déclaration commune percutante sur la dette, dans laquelle ils ont déterminé différents niveaux d'action. Concernant les Institutions Financières Internationales, les quelque 120 participants présents ont convenu qu’il était important d’affiner notre message sur la conditionnalité économique et de nous organiser autour des prochaines négociations de reconstitution des fonds de l’AID, en faisant passer le message que nous n'accepterons plus de voir davantage de financements alloués à des institutions qui imposent des conditions politiques idéologiques. Nombreux sont les intervenants qui ont rappelé la nécessité de s'attaquer aux relations de pouvoir institutionnelles et de ne pas se contenter de chatouiller le système actuel d’aide et de dette. Divers participants ont également averti que l’Afrique devait devenir plus autonome et ne pas chercher continuellement à obtenir toujours plus d’aide de l’extérieur.
Eurodad a également participé à des réunions de planification avec des confrères de réseaux africains, latino-américains, asiatiques et nord-américains. Nous sommes notamment parvenus à définir une répartition plus détaillée des tâches pour la campagne sur la dette illégitime et pour l’évaluation de l’efficacité de l'aide en amont du Forum de Haut Niveau qui doit avoir lieu en septembre 2008 au Ghana.
Le rôle et l’efficacité des ONG elles-mêmes constitueront un des nombreux points à aborder au cours de la préparation de la rencontre. Ces questions ont été soulevées dans divers ateliers ; des critiques ont notamment été formulées à l'encontre des ONG, taxées d’avoir des problèmes institutionnels similaires à ceux des organisations officielles de bailleurs.
Quant au Forum Social Mondial à proprement parler, malgré quelques difficultés organisationnelles, il s’est une fois de plus avéré être un lieu de rencontre idéal pour des participants aux points de vue, aux tactiques et aux revendications variés. La Banque Mondiale et le FMI eux-mêmes avaient mandaté des représentants sur place, mais je n’en ai personnellement entendu aucun s’exprimer ou se présenter publiquement au cours des réunions.
Alex Wilks
Firoze Manji, du Forum Pambazuka News, pense toutefois que les ONG ont trop dominé le débat et que, malgré la diversité des vois exprimées au cours du FSM, tout le monde n'était pas représenté de la même manière. Comme on pouvait s'y attendre, le FSM a été très hétérogène. De nombreuses activités s’y sont déroulées. Mais selon Manji, s’en tenir à décrire la diversité de l'événement revient à passer à côté de l’essentiel et, sans doute, de ce qui dérange. En effet, il explique que le problème ne tient pas au fait que tout le monde n’ait pas été représenté de la même manière, mais plutôt que tout le monde n’ait pas eu voix au chapitre à parts égales. L’événement a montré toutes les caractéristiques d’une foire-exposition – les plus riches ayant inscrit le plus grand nombre d’événements au programme, bénéficiant des emplacements les plus spacieux (et les plus confortables) et de la meilleure propagande, et donc de davantage de moyens d’expression. Le lot habituel d’ONG internationales a en effet exigé une présence plus importante que celle des organisations nationales – non pas parce que ce qu’elles avaient à dire était plus important ou plus pertinent vis-à-vis des thématiques du FSM, mais essentiellement parce qu’elles disposaient de budgets plus élevés. Le FSM n’était donc pas exempt des lois des forces du marché (néolibéral). Les participants n’ont pas reçu un traitement égalitaire. Manji commente qu'il s'est plus agi d'un Forum Mondial d'ONG que d'une mobilisation anti-capitaliste, les quelque militants sociaux et mouvements de base ne représentant qu’une minorité des participants.
Le FSM se déroulait pour la première fois intégralement en Afrique. Manji souligne cependant que le Forum a été marqué par la faible représentation des militants africains – et même du Sud en général. Cela s’est bien évidemment répercuté sur l’organisation des débats et des discussions. Le personnel de Pambazuka News avait espéré que l’événement serait la base qui permettrait de forger un panafricanisme radical plus large. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Le Nord blanc, avec son étroitesse d'esprit hégémonique, a été surreprésenté. Et les mouvements sociaux du Sud ont dénoté par leur présence numériquement si faible au forum…
Rapport : Christian Aid étudie les possibilités de répudiation
Les possibilités de répudiation : Trop c’est trop
Introduction
Les choses se sont calmées depuis la vaste mobilisation ‘Make Poverty History’ de 2005, et les accords d’annulation de dette annoncés en grande fanfare sont finalement en cours de signature. Mais qu’ont réellement fait les riches pays créanciers en faveur des pays pauvres depuis qu’ils leur ont promis, il y a dix ans, de les mener vers une « sortie durable » de la crise de la dette ? Certes, ils ont accordé une annulation conséquente de leur dette à quelques pays élus parmi les plus pauvres du monde – une vingtaine (certains d’entre eux connaissent pourtant encore de réels problèmes d’endettement). Mais les autres pays n’ont eux bénéficié que d’une annulation minime de leur dette - quand ils en ont reçu une – et une grande partie d’entre eux ont des problèmes d’endettement aujourd’hui bien plus graves que ceux qu'ils connaissaient il y a dix ans. En septembre 2005, Christian Aid a publié un rapport annonçant une nouvelle ère de campagnes sur la dette, intitulé « Et nous alors ? La dette et les pays oubliés du G8 ». Nous avons demandé qu’un processus d’arbitrage équitable et transparent soit instauré, par le biais duquel les pays puissent bénéficier d’une solution juste après des années de servitude pour dettes, et qui prenne réellement compte des dettes odieuses et du rôle nuisible que les créanciers jouent bien souvent dans l’accumulation de la dette. Nous soutenons aujourd’hui encore les mêmes recommandations et exhortons la communauté internationale à les prendre en considération. Mais nous reconnaissons également qu'il est urgent de régler la question de la dette. De plus en plus d’experts et de militants, parmi lesquels l’économiste de renom Jeffrey Sachs, demandent aux pays de tout simplement envisager de ne pas payer leurs obligations de dette, au moins en partie, et de consacrer leur argent aux services publics fondamentaux pour la population. Dans son rapport, Christian Aid se joint à cet appel.
Les deux premières parties du document s’emploient à démontrer que la dette est aujourd'hui un des principaux obstacles au développement dans bien des pays pauvres et dans un grand nombre de pays dits « à revenus intermédiaires ». Nous affirmons qu’une grande partie de ces dettes est illégitime. Cela est d’ailleurs de plus en plus largement reconnu, et vient conforter l’idée de répudiation. Le reste du document argumente qu’il serait dans l’intérêt des populations pauvres que leur gouvernement répudie la dette. Jusqu’à présent, les débats présentant la répudiation de la dette comme une solution morale et positive pour les pays débiteurs ont été faussés par les menaces des créanciers. Les pays qui, par le passé, ont décidé de répudier leur dette ou de manquer à certains paiements ont parfois été « punis » par les créanciers et les futurs financiers potentiels. Leurs financements, en particulier les financements concessionnels, ont été suspendus ; les relations diplomatiques sont devenues glaciales ; les actifs détenus à l’étranger ont même été saisis. Les pays qui envisagent de refuser de payer sont menacés d’être exclus du marché financier international par les créanciers. Le prix à payer pour la répudiation de dettes n’est en réalité pas si élevé que ce que certains voudraient nous faire croire. En fait, dès lors qu’il peut raisonnablement espérer un rendement décent, l’investissement privé existe. Les investisseurs se préoccupent peu de « punir » les pays désobéissants. En outre, la menace de se trouver politiquement exclu est peu convaincante dans un monde où les pays riches subissent des pressions électorales s’ils agissent à l’encontre des pays pauvres.
La répudiation a cependant un coût, et doit être prise très au sérieux. Ses bénéfices semblent pourtant avoir été largement ignorés. Les recommandations des créanciers comme la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) sont largement connues pour avoir eu des conséquences désastreuses dans un grand nombre de domaines, que ce soit la libéralisation et la privatisation expresses de l’économie, la réduction des contrôles des capitaux ou encore l’instauration de frais de scolarité et de santé. Le point de vue des créanciers sur la question du non-paiement des dettes est à la fois intéressé et partial. Réserver l’argent actuellement consacré au service de la dette pour assurer des services d'éducation et de santé ou satisfaire d’autres besoins urgents a des répercussions sociales clairement bénéfiques. Les pays très endettés consacrent souvent bien plus d’argent au service de leur dette qu'aux services de base qu'ils devraient assurer. En détournant davantage d'argent des remboursements de dette pour assurer les besoins de la population, il serait possible de sauver des vies et d’en améliorer un grand nombre à court terme. Mais les simples bénéfices économiques de la répudiation de la dette sont les plus négligés. Oui, il y a un prix à payer pour refuser de payer sa dette – un prix sans doute exagéré, mais un prix quand-même. Mais c’est également cher payer que de se trouver aujourd’hui avec toute une génération de jeunes gens sans éducation, une main-d’œuvre en mauvaise santé sans accès aux soins médicaux, ou encore des millions d’enfants que le virus HIV a rendus orphelins. Ne pas pouvoir promouvoir le marché national et les exportations par manque d’infrastructures coûte également très cher. Comment peut-on fomenter la prospérité économique sur de telles bases ? Il est temps que les économistes et les politiciens de tous pays évaluent le pour et le contre du non-paiement des dettes et agissent enfin dans l’intérêt des citoyens plutôt que dans celui des puissantes institutions financières.
Les gouvernements ne doivent pas tous être encouragés à répudier leur dette. Si un gouvernement ne mène aucune politique en faveur des populations pauvres, la répudiation de la dette – tout comme l’allègement traditionnel de la dette, l’allocation d’aide ou tout autre financement – n’aura alors probablement aucune conséquence positive pour les populations pauvres. Mais, replacée dans le contexte d’un plan de développement en faveur des pauvres, la répudiation doit être sérieusement considérée comme étant une solution réaliste. Même lorsque la répudiation n’est pas une bonne solution, les militants contre la dette et les gouvernements des pays en développement doivent de toute façon entamer un débat sur la question. La question de l’illégitimité est prédominante. Combien de temps encore va perdurer le mythe que les créanciers sont exempts de toute responsabilité ? Pour casser ce mythe, des processus d’audit de dettes sont instaurés dans les pays en développement, qui devraient répondre aux questions des citoyens, anxieux de connaître la vérité sur les fardeaux de dette qui les empêchent de se développer. Ces audits exposent au grand jour le secret, les échecs et bien souvent la criminalité qui existent autour des prêts, et devraient donc voir les appels à répudiation se multiplier. En révélant la véritable histoire des prêts et de l’accumulation de la dette au public, ces processus devraient contraindre les gouvernements à rendre davantage de comptes à leurs parlements et à leurs citoyens.
Christian Aid appelle les pays à répudier leurs dettes lorsque cela leur permet d’apporter de réelles améliorations aux services fondamentaux qu’ils fournissent à la population. Comme nous l’affirmons dans le rapport « Et nous alors ? », les pays en développement ne doivent pas attendre que les créanciers annulent leur dette, car cela promet d’être encore long. Rien n’a changé depuis notre évaluation de 2005. L’heure est venue que les pays débiteurs agissent de leur propre initiative, dans l’intérêt de leur population. L’heure est venue que les faibles résistent aux forts. L’heure est venue, pour certains pays, de répudier leur dette.
ACTUALITES : Empêchons les Créanciers Vautours de Saper l’Allègement de Dette de la Zambie
Un juge de la Haute Cour de Justice de Londres ordonne à la Zambie de payer une somme substantielle à un « fonds vautour »
Le Fonds d’investissement Donegal International, basé aux îles Vierges britanniques, a déboursé moins de 4 millions de USD pour racheter une dette à la Zambie, mais a attaqué l’Etat africain en justice pour obtenir un remboursement de 42 millions de USD. Ayant présenté la facture comme étant le résultat des intérêts et des frais dus, il laisse au tribunal le soin de fixer la somme que devra réellement payer la Zambie. La décision de la cour a provoqué la colère des militants contre la dette, qui redoutent que les plans de réduction de la pauvreté du pays ne se trouvent court-circuités.
De graves préoccupations
Les fonds vautours – comme les définissent, entre autres, le Fonds Monétaire International et le Chancelier britannique Gordon Brown – sont des entreprises qui rachètent la dette de pays pauvres à vil prix lorsqu'elle est sur le point d'être annulée, et exigent ensuite de se faire rembourser le total de la valeur de la dette plus les intérêts. Certains redoutent que de tels fonds ne réduisent à néant les bénéfices que l’annulation internationale de la dette est censée apporter à ces pays.
Le zambien Martin Kalunga-Banda, conseiller présidentiel et consultant auprès d’Oxfam, explique que les 42 millions de USD demandés équivalent au montant total des allègements de dettes que le pays a reçus l’an passé. « Cela signifie que 30000 enfants qui auraient dû bénéficier de l’école gratuite en seront finalement privés », a-t-il déclaré à la BBC. « Cela signifie aussi que les soins, le programme Medicare et les médicaments auxquels plus de 100000 personnes auraient pu avoir accès dans le pays n’en bénéficieront pas. »
Les zambiens n'étaient à l’époque même pas en mesure de savoir ce qui se passait
Comme le fait remarquer Monsieur Kalunga-Banda, si le remboursement peut être légal, il n’en est pas moins issu de dettes accumulées sous « un régime antidémocratique ». « Les conséquences de la dette se répercutent directement sur le peuple zambien », ajoute-t-il. « Les Zambiens n’étaient à l’époque même pas en mesure de savoir ce qui se passait, c’est pourquoi tout cela est d’autant plus injuste. »
« Aucun commentaire »
En 1979, le gouvernement roumain a accordé un prêt à la Zambie pour l’achat de tracteurs roumains. La Zambie n’a pu assurer les échéances de remboursement et en 1999, les deux pays ont négocié la liquidation de la dette pour un montant de 3 millions de USD. Mais avant que l’accord ne soit conclu, Donegal International, en partie dirigé par l’américain Debt Advisory International (DAI), est intervenu et a acheté la créance de la Roumanie pour moins de 4 millions de USD. Michael Sheehan, fondateur de DAI, interrogé par le programme Newsnight de la BBC avant que le tribunal ne rende sa décision, a seulement déclaré : « Je n’ai aucun commentaire à faire. Je suis en procès. Ce n’est pas ma dette. »
La recherche de profits peut difficilement être plus cynique
En 2002, Gordon Brown a déclaré aux Nations unies que les fonds vautours étaient pervers et immoraux. « Nous condamnons tout particulièrement la perversité des fonds vautours qui achètent des dettes au rabais et engrangent des profits après avoir attaqué les pays débiteurs en justice pour recouvrer l’intégralité du montant dû – c’est moralement choquant. » Caroline Pearce, de Jubilee Debt Campaign, soutient que les fonds vautours « tournent en dérision » tout le travail que les gouvernements ont réalisé pour annuler les dettes des plus pauvres – une des principales thématiques du concert Live8 de 2005. « La recherche du profit peut difficilement être plus cynique », comment-t-elle. « La Zambie prévoyait d'allouer l’argent dégagé par l’annulation de dette aux infirmières, aux enseignants et aux infrastructures, dont le pays a grandement besoin. C’est à cela que sert une annulation de dette, pas à remplir les poches d’hommes d’affaires de pays riches. »
ALERTE : ACTION EN COURS! « Sus aux Vautours » et Appel à Donegal International pour un Retrait de sa Demande de Remboursement
ALERTE : ACTION EN COURS! « Sus aux Vautours »
Campagne « Sus aux Dettes Vautours », de Jubilee Debt Campaign, Royaume-Uni. Les vautours guettent ! En ce moment même, une entreprise privée tente de tirer des profits énormes de la Zambie, un des pays les plus pauvres du monde. En 1999, un « fonds vautour » appelé Donegal International a racheté une dette détenue par la Zambie, d'une valeur originelle de 15 millions de USD et à l'époque évaluée à 30 millions de USD, pour le prix sacrifié de 3,3 millions de USD. Donegal International poursuit aujourd’hui la Zambie en justice pour être remboursé de l’intégralité de la dette, plus les intérêts et les frais – un total ahurissant de plus de 55 millions de USD ! Le 15 février 2007, la haute cour de Londres a rejeté le montant demandé par Donegal, mais a statué que, selon la loi, la Zambie était de toute façon redevable d’une somme envers Donegal.
Le montant exact reste à déterminer, mais avoisinera sans doute les 20 millions de USD. Cela représenterait la moitié du montant dont la Zambie doit bénéficier grâce à l’allègement de dette cette année ; mais le pays a désespérément besoin de tout son argent pour investir en enseignants, en médecins et en infrastructures. Donegal ne doit pas prendre cet argent, et vous pouvez aider à le convaincre.
Jubilee Debt Campaign, avec Oxfam, demande à Donegal International de ne pas réclamer le remboursement de cet argent.
ACTUALITES : Communiqué du Forum International des Donateurs du Libéria
Libéria : Communiqué : Forum des Partenaires 2007
Communiqué du Forum International des Donateurs du Libéria, qui s’est déroulé les 13 et 14 février 2007
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ACTUALITES : Action-Photos au cours de la Rencontre des Ministres des Finances du G7, Février 2007
Action-Photos : Rencontre des Ministres des Finances du G7 à Essen, Allemagne, les 9 et 10 février 2007
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