Infodette 20/09/2006

ACTUALITES: Appel au Boycott des Assemblées Annuelles de la Banque Mondiale et du FMI

 


 

Plus de 160 organisations de la société civile ont décidé le boycott du programme officiel des assemblées annuelles de la Banque Mondiale et du FMI, en signe de protestation contre l’interdiction d’entrer imposée par les autorités singapouriennes à des militants pourtant dûment accrédités pour assister aux rencontres. La plupart des événements prévus ont été annulés, y compris des événements organisés par ActionAid, Oxfam, Eurodad, et bien d’autres encore. Eurodad a annulé la session conjointe qu’elle avait prévue avec INFID sur le thème de la dette illégitime, censée avoir lieu dans le cadre des dialogues de la société civile avec le FMI et la Banque Mondiale. Les ONG européennes ont également annulé la rencontre prévue ce dimanche avec les Directeurs des Bureaux européens. La déclaration qui suit a été diffusée au cours d’une conférence de presse organisée vendredi matin à Batam, Indonésie.

Ces réactions répondent à l’annonce faite la semaine dernière qu’un certain nombre de représentants d’organisations de la société civile ne seraient pas autorisés à entrer aux rencontres de la Banque Mondiale et du FMI se déroulant à Singapour, et également aux vains efforts déployés par le gouvernement singapourien pour parvenir à annuler le Forum International des Peuples organisé à Batam, en Indonésie. Bien que le FMI et la Banque Mondiale aient tous deux protesté contre ces agissements du gouvernement singapourien, les organisations de la société civile estiment qu’ils n’ont rien fait de décisif pour arranger la situation. De fait, étant donnée la réputation de Singapour, on peut penser que les institutions avaient prévu de tels événements et les toléraient d’avance.

D’autres personnes ont également été détenues ou expulsées dès leur arrivée à l’aéroport de Singapour. Maria Clara Soares, d’ActionAid Brésil, a été expulsée aujourd’hui après 30 heures d’attente à l’aéroport. Elle a dû refaire tout le voyage jusqu’au Brésil en passant par la France. Kiama Karra, du Réseau Kenyan sur la Dette, a également été expulsée de Singapour. Nous avons en outre appris que de nombreuses personnes subissaient des mauvais traitements, notamment des interrogatoires ou des fouilles agressives. De plus, deux organisateurs du Forum International des Peuples, Chona Ramos de GCAP, et Booby Diciembre de Jubilee Sud, ont été renvoyés à Manille à leur arrivée à l’aéroport de Singapour. Filomeno Santa Ana, économiste de renom et professeur d’université en financement du développement et gouvernance économique aux Philippines, est actuellement maintenu en détention par les services singapouriens de l’immigration.

La déclaration signée par plus de 160 OSC est la suivante:

APPEL AU BOYCOTT DES ASSEMBLEES ANNUELLES DE LA BANQUE MONDIALE ET DU FMI, Septembre 2006

Nous soussignés, représentants des organisations de la société civile et des mouvements sociaux, appelons au boycott du programme officiel des assemblées annuelles 2006 du FMI et de la Banque Mondiale qui se déroulent à Singapour.

Pour étouffer l’opposition et empêcher toute protestation au cours des assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale, le gouvernement de Singapour a eu recours à des mesures de sécurité plus que draconiennes. On peut notamment citer la déclaration qu’il avait faite en janvier dernier, dans laquelle il annonçait que les manifestants se trouvant aux assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale seraient arrêtés, ou encore les mesures de surveillance spéciale des espaces publics et privés qu’il a spécialement mises en place pour l’occasion.

Récemment, le gouvernement singapourien a en plus fait pression sur le gouvernement de la province indonésienne de Riau pour annuler le Forum International des Peuples prévu à Batam.

Le gouvernement a également établi une « liste noire » des individus auxquels il refuse l’entrée sur le territoire singapourien. Cette liste concerne aussi bien des représentants de la société civile dûment accrédités par la Banque Mondiale et le FMI que des personnes ayant déjà leur visa ou n’ayant pas besoin de visa pour entrer à Singapour. Le gouvernement de Singapour n’a donné aucune raison valable de refuser l’accès à ces personnes, et n’a pas non plus publié la « liste noire » en question.

Le FMI et la Banque Mondiale ne peuvent nier leur responsabilité dans ces événements. Parfaitement conscients du caractère autoritaire du gouvernement singapourien, les deux institutions semblent avoir délibérément choisi Singapour pour organiser leurs Assemblées Annuelles à l’abri des manifestations de rue pacifiques et légitimes telles que celles qui avaient eu lieu lors des précédentes rencontres du FMI et de la Banque Mondiale avec l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Le choix de Singapour comme lieu des Assemblées Annuelles avait fait l’objet de nombreuses critiques des organisations de la société civile, mais la Banque Mondiale et le FMI ont pourtant choisi de maintenir leur décision. Nous condamnons les actions répressives du gouvernement de Singapour, mais condamnons également la Banque Mondiale et le FMI pour leur complicité dans ces mêmes actions.

En signe de solidarité avec ceux qui se sont vu refuser l’entrée à Singapour et ont été privés de leur droit fondamental à la liberté d’expression et d’association, nous n’assisterons à aucune rencontre ni séminaire du programme officiel des assemblées annuelles 2006 de la Banque Mondiale et du FMI à Singapour.

Nous appelons tous les mouvements sociaux, organisations de la société civile et réseaux, ainsi que tous les individus, à défendre les droits des peuples à la liberté d’expression et d’association, et à soutenir ce boycott, en n’assistant pas aux rencontres officielles de Singapour.
Plus de 160 organisations ont déjà signé l’appel au boycott. Pour consulter la liste complète des signataires:  http://www.eurodad.org/articles/default.aspx?id=727

Pour suivre l’information sur les Assemblées Annuelles, consultez le Blog IFIwatchnet sur:
http://www.ifiwatchnet.org/wb_annual06/

 


 


EVENEMENTS: La Conférence Alternative se poursuit à Batam

 


 

Alors que la participation aux événements prévus dans le cadre du programme officiel des séminaires OSC - BM / FMI s’annonce plutôt mince cette semaine, un programme dynamique et complet de séminaires se déroule dans le cadre de l’événement alternatif organisé à Batam, de l’autre côté du détroit. Le Forum International des Peuples rassemble des militants de tous pays, qui débattent ensemble sur les questions liées à la réforme du système financier international. La conférence a officiellement ouvert vendredi dernier à 9h, heure locale.

Le FIP n’en a pas moins eu à subir la pression des autorités locales, qui ont tenté d’empêcher les marches pacifiques et les manifestations organisées. C’est seulement la semaine dernière que les autorités indonésiennes sont revenues sur leur décision et ont enfin autorisé le déroulement du Forum comme prévu. De plus, deux ressortissants Philippins et un Indien, arrivés mercredi à Singapour, en transit pour le Forum International des Peuples à Batam, ont été expulsés après avoir été accusés par la police singapourienne de ne pas avoir d’accréditation en règle.

Pour les dernières informations sur l’événement de Batam, consultez le site du FIP (en anglais uniquement): http://www.ipf.homeip.net/

 

 


 

COMMUNIQUE DE PRESSE d’Eurodad: 15 Septembre 2006 – Diffusion Urgente

 


 



Eurodad participe au boycott des organisations de la société civile envers les assemblées annuelles du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale (BM) qui se déroulent cette année à Singapour, pendant que les autorités refusent de lever l’interdiction de séjour de nombreux militants dans le pays. De nombreuses expulsions ont déjà eu lieu, qui se prolongeront probablement au fil des jours à venir.

En une nuit (de mardi à mercredi), le nombre de militants d’organisations de droits de l’homme et de développement se voyant refuser l’entrée à Singapour a subitement augmenté, passant de 19 à 28. Parmi eux, des membres d’Eurodad, de Campagna per la Riforma della Banca Mondial, d’Italie, de World Development Movement, d’Angleterre, ainsi que de proches partenaires du Sud tels que Freedom from Debt Coalition, des Philippines, et INFID (Forum International sur le Développement Indonésien), d’Indonésie. Ces organisations ont pourtant toutes reçu l’accréditation officielle de la Banque Mondiale et du FMI pour assister aux rencontres.

Alex Wilks, Coordinateur d’Eurodad, a fait la déclaration suivante : « Nous sommes scandalisés et choqués par les décisions des autorités singapouriennes. Nous soutenons énergiquement l’appel international au boycott immédiat de tous les événements, tels que les Dialogues Société Civile – Banque Mondiale. C’est une question de principe à laquelle on est obligé de réagir ».

Eurodad espère que le gouvernement finlandais, qui préside actuellement l’Union Européenne, poussera chacun des gouvernements européens, via leurs ambassades respectives dans chaque capitale, à protester publiquement et d’une même voix contre le gouvernement singapourien, afin de dénoncer cette situation inacceptable. Le meilleur acte de protestation et la meilleure façon de démontrer que les droits de l’homme et la liberté d’expression figurent bien en tête des priorités de l’Union Européenne serait certainement de ne pas aller à Singapour.

INFID et Eurodad ont activement collaboré dans l’organisation d’un séminaire sur la dette illégitime, qui aurait pu être l’occasion de mettre pour la première fois les IFI et les bailleurs bilatéraux face à la question des prêts distribués à des régimes non démocratiques à des fins essentiellement politiques et idéologiques, sans la moindre préoccupation pour l’usage final de ces fonds.

Cependant, devant le refus inflexible des autorités singapouriennes de laisser les 28 personnes participer aux rencontres, Eurodad appelle à un boycott total de tous les dialogues de la société civile prévus avec le FMI ou la Banque Mondiale.

Les charges retenues contre les organisations exclues – notamment les « considérations légales, d’ordre et de sécurité » - sont totalement infondées et extrêmement sérieuses. Il est également fort probable qu’elles causeront un énorme préjudice à tous les individus et les organisations touchés. Eurodad déplore sincèrement que la Banque Mondiale et le FMI n’aient pas pris leurs responsabilités et résolu cette question et ses conséquences comme ils l’auraient dû, étant donné que cette affaire affecte avant tout leur crédibilité à tous deux.

La décision « ironique » du FMI et de la BM d’organiser des conférences sur le thème de la « bonne gouvernance » à Singapour, pays bien connu pour être parfaitement antidémocratique, avait déjà éveillé de nombreux soupçons sur le fait que les IFI cherchaient à empêcher toute critique ouverte et directe de leur travail.

« Il est absolument ridicule que la Banque Mondiale et le FMI se réunissent et débattent des droits de l’homme dans un pays où ces mêmes droits sont restreints. Cela démontre combien ces institutions sont déconnectées de la réalité, et ajoute un argument supplémentaire à notre demande au gouvernement britannique de se retirer des financements de la Banque Mondiale et du FMI. Ces organisations sont par ailleurs illégitimes, car elles cherchent à imposer des conditions préjudiciables en parallèle avec leurs prêts. Il est grands temps de les réformer », commente Anna Thomas, Directrice des Etudes Politiques à Christian Aid, organisation membre d’Eurodad.

Entre-temps, on redoute de plus en plus que les membres d’organisations autorisés à participer ne fassent l’objet d’agressions de bandes de voyous alors qu’ils assistent au Forum alternatif organisé non loin de là à Batam (Indonésie).

En effet, selon le journal indonésien Batam Post, un chef de police local promettait la semaine dernière (le 8 septembre) d’interrompre ce rassemblement de quelque 500 militants de la société civile, en faisant appel à une bande locale de jeunes, réputée pour ses combats de rue et sa violence.

Une conférence de presse se déroulera vendredi 15 septembre à Batam, au Centre Asrama Haji, 10h, heure locale, pour la déclaration officielle de boycott. Pour toute information directe, merci de contacter Lidy Nacpil au +63-917-880-0410, ou Alex Wilks (Eurodad) au +32-498549482.

 


 


ACTUALITES : Les dernières publications qui seront soumises à discussion durant les Assemblées Annuelles

 


 

Gouvernance et lutte contre la corruption

Le Comité de Développement a entamé ses discussions autour du très controversé document que la Banque Mondiale vient de publier, intitulé « Renforcement de l’action du Groupe de la Banque en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption ». Tout au long de sa rédaction, ce document a été soumis à de nombreuses critiques, tant de la part du personnel de la Banque que de l’extérieur, et aurait donné lieu à de vives discussions et à des relations tendues entre le Conseil des Administrateurs et Monsieur Wolfowitz. Ce dernier s’est en effet exposé à d’importantes critiques pour avoir engagé une campagne contre la corruption, alors que beaucoup considèrent que la Banque n’a ni le mandat ni les compétences pour s’attaquer à ce problème selon les méthodes proposées.

La dernière version du rapport adopte cependant une approche plus conciliante et plus nuancée que la précédente, et fait plus clairement ressortir la réduction de la pauvreté comme étant l’activité centrale de la Banque, ainsi que la nécessité d’une meilleure surveillance du Conseil en cas de changements dans la situation d’un pays donné, d’un engagement accru envers le renforcement des systèmes nationaux, et enfin d’une reconnaissance de la diversité existant entre les différents pays et de la nécessaire flexibilité des méthodes employées.

Le document mentionne que dans les pays affichant un niveau de gouvernance très faible, la Banque pourrait bien « fortement restreindre ses financements, passer à des activités n’impliquant pas de prêts, voire, en cas extrême, suspendre son soutien financier ». Cependant, même dans de telles circonstances, « la SFI et l’AMGI seront toujours des partenaires clés et poursuivront leur politique d’investissement socialement responsable ».

Documents (en anglais) de Bretton Woods Project sur le sujet: Bank anti-corruption framework: "A lot of rhetoric and arm-waving"?: http://www.brettonwoodsproject.org/art.shtml?x=542334

Etat d’avancement de l’Initiative PPTE et de l’IADM

Le Comité de Développement examinera les progrès réalisés dans le cadre de l’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) et de la mise en œuvre de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM). 19 pays sont pour l’instant parvenus au terme du processus PPTE et ont donc pu bénéficier de l’IADM. Selon le document, 10 pays supplémentaires devraient eux aussi compléter le processus d’ici la fin de l’année 2006. Haïti fait quant à lui l’objet d’une procédure accélérée dans le cadre de l’initiative. Le coût total de l’Initiative PPTE s’élève à 63,2 milliards de USD, et celui de l’IADM à 24,9 milliards de USD. Aucun fait nouveau n’est à mentionner en particulier, ni pour l’initiative PPTE ni pour l’IADM. Les discussions devraient être axées principalement sur la recherche d’une plus grande participation des bailleurs commerciaux à l’Initiative PPTE, et sur la prévention de la ré-accumulation d’une dette non soutenable (et du problème de ce qu’on appelle les « passagers clandestins », ou « free-riders »).

Pour consulter le document complet (en anglais): Heavily Indebted Poor Countries (HIPC) Initiative and Multilateral Debt Relief Initiative (MDRI) - Status of implementation: http://siteresources.worldbank.org/DEVCOMMINT/Documentation/21046514/DC2006-0016(E)-HIPC.pdf

 


 


DOSSIER : La Viabilité de la Dette à la Lumière du Développement Humain

 


 


La traduction française de l'étude de la CIDSE sur le nouveau cadre d'analyse de la viabilité de la dette de la Banque mondiale et du FMI est enfin disponible ! Ce document propose une approche alternative de la viabilité de la dette, à la lumière du développement humain. Une telle approche se fonde sur les principes suivants :

· Aborder le problème de la viabilité de la dette à la lumière du développement humain conduit à exiger que les impératifs de développement humain prennent le pas sur le remboursement de la dette. En conséquence, les pays en développement doivent être capables d’affecter autant de recettes budgétaires que nécessaire à ces objectifs de développement, seul le surplus pouvant être affecté au service ou au remboursement de la dette ;

· La nature éminente de la personne humaine étant un principe universel que le développement humain s’efforce de sauvegarder, sa mise en œuvre ne saurait admettre de distinction entre pays à faible ou à moyen revenu ;

· Les allègements de dettes sont nécessaires pour garantir que des pays ne soient pas obligés de payer plus qu’ils ne le peuvent sans mettre en péril les impératifs de développement humain ;

· La méthode d’élaboration des analyses de viabilité de la dette doit se fonder sur la capacité des pays débiteurs à atteindre leurs objectifs de développement humain et les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ;

· Une approche de la viabilité de la dette fondée sur le développement humain implique que ceux qui portent le poids de la dette puissent participer à sa gestion ;

· Une approche de la viabilité de la dette fondée sur le développement humain requière non seulement des évaluations de viabilité de la dette, mais aussi des réponses politiques au problème de la dette accordant la primauté aux priorités du développement humain ;

· Une approche de la viabilité de la dette fondée sur le développement humain implique que la dette doit être traitée de façon globale et contraignante. Tous les types de dette ont des conséquences budgétaires sur les ressources nécessaires au développement humain, tous doivent donc être examinés et recevoir un traitement politique ;

· L’approche fondée sur le développement humain doit être placée non seulement au cœur des questions de viabilité de la dette, mais aussi au cœur de l’élaboration et de la mise en œuvre de toutes les politiques économiques internationales.

Le document complet peut être téléchargé sur :

http://www.cidse.org/docs/200609140911372823.pdf

 


 



ACTUALITES : LATINDADD dénonce les stratégies de la Banque Mondiale et du FMI pour l’Amérique latine

 


 

Latindadd, Réseau Latino-américain sur la Dette et le Développement, a publié une déclaration dans laquelle il critique à la fois les nouvelles stratégies de moyen terme du FMI et la stratégie de la Banque Mondiale sur la gouvernance et la lutte contre la corruption.

Pour lire la déclaration complète en anglais, voir:
http://www.choike.org/documentos/pronunciamiento_latindadd_eng.pdf

En espagnol:

http://www.choike.org/cgi-bin/choike/nuevo/jump_inf_ifis.cgi?ID=464

 


 

ACTUALITES : Le Royaume-Uni suspend ses financements à la Banque Mondiale pour protester contre les conditions attachées aux prêts

Le gouvernement britannique a refusé de payer 50 millions de Livres sterling de contribution à la prochaine reconstitution des ressources de l’IDA, l’Association Internationale de Développement de la Banque Mondiale, en signe de son mécontentement envers le manque de progrès réalisés dans la réforme des conditionnalités de la Banque Mondiale.

Le Secrétaire d’Etat britannique Hilary Benn a en effet fait savoir qu’il ne considérait « pas juste » d’imposer des conditions telles que des privatisations ou la libéralisation du commerce aux politiques économiques d’un pays.

Le Royaume-Uni considère que la Banque n’a absolument pas respecté ses engagements et n’a pas suffisamment favorisé « l’appropriation » des pays. Dans une interview de BBC Radio 4, Hilary Benn explique que « l’année dernière, la Banque Mondiale a adopté une série de nouveaux principes établissant que ces conditions devaient refléter les priorités économiques définies par les pays eux-mêmes », et que le versement des 50 millions de £ était subordonné aux progrès que réaliserait la Banque au regard de son engagement à réduire les conditions imposées sur les politiques économiques.

L’étude d’Eurodad intitulée « La conditionnalité de la Banque Mondiale et du FMI : une injustice pour le développement » montre que 15 pays en développement sur 20 doivent respecter des conditions relatives à des privatisations dans le cadre des contrats de prêt qu’ils ont conclus avec la Banque Mondiale. A l’inverse de ce qu’avance la Banque Mondiale, l’étude d’Eurodad révèle également que le nombre de ces conditions relatives à des privatisations imposées par la Banque a bien augmenté, et non baissé, depuis 2001.

Christian Aid, membre du réseau Eurodad, encourage cette démarche, que Charles Abugre, Responsable des Etudes Politiques, a commentée de la manière suivante : « nous saluons cette étude qui vient confirmer la conviction de Christian Aid que les conditions économiques imposées par la Banque et le Fonds aux pays pauvres peuvent avoir des conséquences désastreuses sur ces derniers. »

« Mais ce n’est qu’une première étape. Nous demandons maintenant à la Grande-Bretagne de poursuivre plus loin ses efforts et de retirer tous ses fonds. Tant que ces organisations n’entreprendront pas une réforme radicale et ne laisseront pas aux pays pauvres la place pour se développer, elles ne seront qu’un immense gâchis auquel nous ne devons pas adhérer. »

Oxfam, également membre d’Eurodad, exhorte les autres riches pays créanciers à suivre l’exemple du Royaume-Uni et à faire pression sur la Banque Mondiale et le FMI pour qu’ils limitent leurs conditions politiques au strict minimum nécessaire pour amener une certaine transparence financière et garantir la réduction de la pauvreté.

Dans l’actualité :

Edition électronique du journal The Independent :
http://news.independent.co.uk/uk/politics/article1582923.ece

Le Times en ligne :

http://www.timesonline.co.uk/article/0,,3-2357572,00.html


Rapports à lire sur le sujet: Challenging conditions: A new strategy for reform at the IMF and World Bank



 

 



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