Infodette 28/08/2006

« Carnet de route » d’Eurodad : La Bolivie de Morales



La Bolivie de Morales

Gail Hurley, du Secrétariat d’Eurodad, est en Bolivie depuis trois semaines, où elle travaille avec la Fundación Jubíleo sur la thématique de la dette. Elle nous présente ici son rapport sur la situation d’endettement du pays, un des plus pauvres d’Amérique latine.

Evo Morales Aima a été élu Président de la Bolivie en janvier 2006. Il est le premier dirigeant indigène de l’histoire moderne d’Amérique latine. De nombreux boliviens avec qui j’ai pu discuter m’ont dit avoir l’impression que, pour la première fois, ils avaient un Président vraiment « bolivien », représentatif de la population bolivienne, et se souciant du futur du pays. Un parfum de fierté et d’optimisme flotte dans l’air. Tout le monde attend que le gouvernement de gauche augmente ses investissements et ses dépenses et éradique enfin la pauvreté et les inégalités. Dans ce contexte, le gouvernement bolivien a élaboré un « Plan National de Développement » qui sera mis en œuvre de 2007 à 2011. Le plan est ambitieux et porte une idéologie forte : il revendique dignité et souveraineté, et attaque vivement néocolonialisme et néolibéralisme.

Le nouveau gouvernement bolivien a également placé la question de la dette au centre de son programme. Bien que le bureau de la Banque Mondiale en Bolivie prétende que le nouveau gouvernement n’ait aucun vrai plan pour aborder et gérer la question de la dette, les représentant des Ministères du Gouvernement (et de la Banque Centrale) avec qui je me suis entretenue semblaient tous parfaitement conscients des sérieuses difficultés d’endettement dont souffre encore le pays, et développent des méthodes conventionnelles et d’autres plus novatrices pour tenter d’en venir à bout. Le gouvernement en place est encore bien jeune, et seul le temps nous dira si ces initiatives auront eu le succès escompté. Ci-après, Eurodad détaille les problèmes actuels et les plans de la Bolivie concernant sa dette, et présente également quelques opinions sur le Plan Nacional de Desarrollo du pays. Ces réflexions se basent sur les entretiens et réunions que j’ai pu réaliser au cours de mon séjour.

Bolivie : Stock et service de dette publique (2005) (millions de USD)

2005
Stock de dette externe 4.941.6
Stock de dette interne 2.210.1
Service de dette externe 367.6
Service de dette interne 668.3
Total du stock de dette 7.151.7
Total du service de dette 1.035.9
Valeur Actuelle Nette de la dette externe 2.372.8

Source : Banque Centrale de Bolivie

Tour d’horizon

La Bolivie est un Pays Pauvre très Endetté (PPTE), selon les critères employés par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. La Bolivie a consciencieusement appliqué le programme de l’Initiative PPTE, à la suite duquel elle a pu bénéficié d’une annulation partielle de dette, à la fois au titre de l’Initiative PPTE et, plus récemment, de l’IADM (Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale) qui, selon la Banque Mondiale, permettra de verser 43 millions de USD à la Bolivie au cours des 35 prochaines années. Le pays bénéficiera donc d’un total de 1,7 milliards de USD d’annulation de dette (de la part de la Banque Mondiale et du FMI seulement).

Ces programmes ont permis de réduire l’endettement de la Bolivie à environ 20 % de son PIB (Produit Intérieur Brut), raison pour laquelle la Banque Mondiale comme le FMI sont convaincus que le fardeau de dette externe de la Bolivie est aujourd’hui contrôlable et ne devrait plus être une source de préoccupation pour les cinq ou six prochaines années. Cependant, comme le montrent les chiffres ci-dessus, la Bolivie n’est certainement pas encore tirée d’affaire. Eurodad a en effet calculé qu’en 2005, la Bolivie avait remboursé 3,5 fois plus de service de dette externe qu’elle ne pouvait payer sans compromettre des investissements essentiels au développement de sa population et de son économie (voir le développement de cette question plus loin, dans le chapitre « Soutenabilité de la dette »).

Selon Katy Murillo, de la Fundación Jubíleo, « malgré des allègements répétés de sa dette, le fardeau de dette externe de la Bolivie est resté constant autour de 7,5 milliards de USD. Mais ce qui nous préoccupe vraiment, ce sont les niveaux croissants de dette interne, auxquels s’ajoute un niveau élevé d’endettement envers la Corporación Andina de Fomento (CAF). Ces crédits sont chers, et coûtent énormément d’argent à la Bolivie. La dette détenue envers la Banque Interaméricaine de Développement (BID) n’a en outre pas été annulée, et la Bolivie doit environ un tiers de son fardeau de dette externe à la BID ».

La dette bolivienne a progressivement été « bolivianisée » ces dernières années, c’est-à-dire que la dette interne a augmenté de façon exponentielle, et représentait en 2005 deux tiers du service total de la dette du pays (voir tableau ci-dessus). 37 % seulement de la dette bolivienne sont détenus en dollars US. En fait, les gouvernements successifs ont eu recours aux prêts de la CAF simplement parce que les crédits sont débloqués rapidement et qu’ils comportent peu de conditionnalités.

Indices de pauvreté en Bolivie

Pourcentage de population officiellement considérée comme pauvre
1999 2003
62,64 67,30

Pourcentage de population officiellement considérée comme extrêmement pauvre
1999 2003
36,78 39,66

Taux de pauvreté rurale
1999 2003
81,58 79,51

Source : Fundación Jubíleo, Bolivie

Soutenabilité de la Dette

La question de la soutenabilité de la dette est sur toutes les lèvres en Bolivie, et a été une des raisons essentielles de la visite d’Eurodad en Bolivie. Plusieurs raisons expliquent l’engouement inhabituel des boliviens autour de ce thème.

La Bolivie jouit d’une relative « soutenabilité de sa dette » (du moins si l’on s’en réfère à la définition officielle du terme) depuis les dernières négociations autour de l’allègement de la dette multilatérale prévu au titre de l’Initiative PPTE et de l’IADM. Cependant, le nouveau gouvernement de gauche du pays a le projet ambitieux de doubler ses dépenses entre 2007 et 2011. Les acteurs de la société civile et les représentants de l’Etat sont nombreux qui se demandent où le gouvernement espère trouver l’argent pour financer ses plans audacieux, et redoutent une reprise des négociations pour de nouveaux emprunts (insoutenables). Le niveau croissant d’endettement, tant interne qu’auprès de la Corporación Andina de Fomento, provoque déjà de grandes inquiétudes. Une autre raison qui explique que la question soit à ce point brûlante est que les boliviens n’ont pas de dette odieuse et illégitime à dénoncer.

Une vision alternative de la soutenabilité

La Fundación Jubíleo, avec la participation du Gouvernement bolivien et le soutien financier du Gouvernement allemand, mène actuellement un projet de recherche exceptionnel qui permettra de réaliser une « analyse alternative de la soutenabilité de la dette » du pays. Cette ASD alternative vise à rivaliser avec les ASD traditionnelles élaborées par les économistes de la Banque Mondiale et du FMI, qui se basent uniquement sur des indicateurs financiers tels que l’évaluation des prévisions de croissance macroéconomique du pays, la croissance des exportations, la disponibilité des ressources financières ou encore la vulnérabilité aux chocs externes. L’ASD alternative prévoit elle d’être bien plus complète.

Elle couvrira en effet l’évolution historique du fardeau de dette de la Bolivie (stock et service), les limites du budget actuel, les indicateurs sociaux clés et les tendances récentes dans la lutte contre la pauvreté, une évaluation des investissements nécessaires pour parvenir aux Objectifs de Développement du Millénaire (ODM), une évaluation de la dette interne, une analyse des différentes options pour les nouveaux financements (le mix le plus approprié) en favorisant les investissements en faveur des pauvres, une évaluation des réformes fiscales qui permettraient d’augmenter les ressources internes, et un éventuel plafond à l’endettement du gouvernement central. Cette étude très complète a été menée de façon participative en Bolivie. Les résultats de cette ASD alternative devraient donc être plus précis, plus utiles et plus légitimes que ceux d’une évaluation traditionnelle – qui n’évalue que les risques – élaborée par les IFI de Washington.

A plusieurs reprises, le Ministerio de Hacienda et le Ministerio de Planificación de Desarrollo, ont invité Eurodad à venir soutenir le processus, à apporter ses critiques du nouveau plan cadre de la Banque Mondiale et du FMI pour la soutenabilité de la dette et à présenter sa propre approche de la question de la soutenabilité de la dette. Eurodad soutient que le concept « officiel » de soutenabilité de la dette ne prend en compte que la capacité des pays à rembourser leur dette au regard d’(un-)certaines projections économiques de croissance et de vulnérabilité. Ce concept élude complètement les impacts potentiels que ces remboursements peuvent avoir sur le développement économique et humain d’un pays. Eurodad considère qu’un pays doit avant tout évaluer les dépenses nécessaires aux besoins de base tels que la santé, l’éducation, l’eau, la police, la fonction publique, les infrastructures basiques et de nombreux autres secteurs essentiels. C’est seulement après avoir évalué ces dépenses que le service de dette externe pouvant être couvert par d’éventuelles ressources restantes peut être calculé. Eurodad place de cette façon la dignité humaine au centre de son approche.

Quels remboursements la Bolivie peut-elle se permettre?

Eurodad et la Fundación Jubíleo ont appliqué la méthodologie « basée sur les besoins humains » à la Bolivie, en utilisant les chiffres du budget 2006 du pays. Les résultats ne sont bien sûr qu’indicatifs, mais font apparaître qu’en 2006, la Bolivie ne peut rembourser que 98 millions de USD en service de dette externe. Dans la réalité, elle a remboursé 368 millions de USD en 2005, soit 3,5 fois ce chiffre.

L’analyse présentée plus bas prend le budget central comme point de départ. De ce montant (2,6 milliards de USD dans le cas de la Bolivie), nous déduisons le montant total nécessaire aux investissements de base et aux frais essentiels de fonctionnement du pays. Pour la Bolivie, ce montant s’élève à un minimum de 2,3 milliards de USD. Cela signifie que théoriquement, il n’était possible d’allouer que 293 millions de USD au service de dette externe. Eurodad considère cependant qu’un tiers seulement de ce montant devrait être affecté au service de dette externe. Pourquoi ? Parce qu’un pays a encore bien d’autres investissements indispensables et de frais de fonctionnement à assurer, comme le logement, les investissements industriels et productifs, la défense, la protection de l’environnement, l’héritage culturel, etc. etc. Notre analyse n’ayant pas pris ces dépenses vitales en compte, il ne faut la considérer qu’à titre indicatif et comme étant minimale.

De son côté, le Gouvernement bolivien s’est montré très intéressé par ces résultats indicatifs, et semble prêt à inclure des indicateurs sociaux dans les évaluations qu’il mènera à l’avenir sur la soutenabilité du fardeau de la dette du pays. Le Ministerio de Hacienda a volontiers reconnu que ses services ne menaient habituellement que des ASD traditionnelles et a donc accueilli de façon positive la présentation de l’approche alternative d’Eurodad. Le Gouvernement s’est montré particulièrement curieux de savoir dans quelle mesure les pays pouvaient sacrifier des investissements nationaux essentiels afin d’être capables de payer le service de leur dette, et, ce qui est très positif, n’a pas semblé effrayé par les résultats potentiels de « l’ASD alternative » sur le point d’être réalisée.

Enfin, j’ai également eu l’opportunité de discuter avec le Gouvernement bolivien sur les questions d’appropriation et de direction, c’est-à-dire de l’importance d’en finir avec le monopole actuel que les IFI détiennent sur les ASD et de la faible participation des autorités des pays débiteurs à leur préparation, ainsi que des leçons potentielles qui pourraient servir à d’autre pays après que la Bolivie aura expérimenté une ASD alternative. Le gouvernement s’est à nouveau montré très positif sur cette question, et ne semble pas rétif à s’y engager davantage.

Malheureusement, les conversations tenues avec des représentants d’organismes internationaux comme la Banque Mondiale n’ont pas été aussi positives. Le FMI s’est toutefois montré un peu plus ouvert sur la question. Le représentant-pays du FMI a expliqué que pour lui, des ASD alternatives de la sorte étaient « parfaitement complémentaires » avec les analyses financières traditionnelles menées sur la soutenabilité du fardeau de dette d’un pays. Le bureau-pays de la Banque Mondiale, quant à lui, considère qu’il n’est pas réaliste d’inclure des indicateurs sociaux dans les analyses de soutenabilité de dette, alléguant que les secteurs sociaux sont « minés par la corruption et l’inefficacité », et demandant si l’analyse « mesure la quantité ou la qualité de l’investissement », car « les ASD doivent être simples ».

Quelques réflexions pour terminer

La Bolivie se trouve actuellement à un tournant de son histoire moderne. Son gouvernement est réellement représentatif du peuple, et projette des plans ambitieux pour améliorer la vie de la population. Ces projets verront-ils le jour, et le gouvernement sera-t-il capable de résister à la pression des pays riches et de gérer ses ressources de façon compétente et transparente ? Seul l’avenir nous le dira.

Concernant le fardeau de dette de la Bolivie, des négociations successives d’allègement de dette au titre de l’Initiative PPTE, et maintenant de l’IADM, ont permis de réduire le niveau d’endettement externe à environ 20 % du PIB. La Banque Mondiale et le FMI estiment tous deux que le fardeau de dette externe de la Bolivie est aujourd’hui gérable et n’est plus inquiétant. La Bolivie est cependant loin d’être tirée d’affaire. Son endettement interne croissant, ainsi que ses dettes envers la CAF et la Banque Interaméricaine de Développement (dette qui n’a pas été annulée), sont bel et bien préoccupants. De plus, la Bolivie va probablement devenir éligible au statut IDA dans les prochaines années, et a déjà le statut de pays « à financement mixte ». Cela signifie que la Bolivie n’aura plus accès aux financements hautement concessionnels de l’IDA, mais uniquement aux crédits aux taux d’intérêt du marché de la BIRD. Mais même avant que cela n’arrive, la Bolivie pourrait bien voir ses financements provenant de l’IDA fortement diminués d’ici l’année prochaine, et cela parce que les décisions de prêt de l’IDA sont basées sur l’indicateur d’évaluation de la « performance politique et institutionnelle » d’un pays (Country Policy and Institutional Assessment - CPIA), dont un des éléments clé est « l’ouverture au secteur privé ». Etant donné les récentes démarches pour renégocier et même nationaliser les secteurs minier et gazier en Bolivie, le pays va probablement afficher un score assez faible (voire négatif) dans ce domaine. La logique qui consiste à « donner d’une main et reprendre de l’autre » semble malheureusement encore bien d’actualité dans le cas de la Bolivie.

Gail Hurley, La Paz


Actualités : Banque Interaméricaine de Développement : Toujours pas d’Accord sur l’Annulation de la Dette


Banque Interaméricaine de Développement : Toujours pas d’Accord sur l’Annulation de la Dette

Lors de la première rencontre de son comité ad hoc spécialement créé pour l’occasion, la Banque Interaméricaine de Développement n’est parvenu à aucun accord d’annulation de dette pour les cinq pays latino-américains PPTE et Haïti. Malgré l’annonce faite plus tôt par le gouvernement bolivien qu’un accord avait bien été conclu, qui annulerait 1,3 milliards de USD de dette sur les 1,6 que la Bolivie doit à l’institution, il est ensuite apparu très clairement que certaines questions clés étaient restées sans réponse entre les principales parties prenantes.

Le principal point de désaccord reste de savoir s’il faut considérer l’annulation de la dette de la Bolivie, de la Guyane, d’Haïti, du Honduras et du Nicaragua séparément ou non du réapprovisionnement du Fonds des Opérations Spéciales de la BID (FOS – l’organe de prêts concessionnels de la BID). Les Etats-Unis, qui sont le plus gros actionnaire de la BID (et le plus gros donateur au FOS), souhaitent que les questions soient traitées séparément ; les gouvernements de PPTE et d’autres gouvernements latino-américains souhaitent eux qu’un accord soit conclu sur le réapprovisionnement des ressources du FOS, mais il semble que le Mexique ait de son côté reconsidéré sa position et préfère maintenant séparer les deux débats. Un autre thème litigieux est le nombre important de personnes vivant dans la pauvreté dans d’autres pays d’Amérique latine, qui ne bénéficieront elles d’aucun plan d’annulation de dette. Seul le Venezuela s’est exprimé sur le besoin de solidarité entre Nations latino-américaines à ce sujet.

Dans leur document conjoint de janvier 2006 (Justice pour l’Amérique latine), Latindadd, Eurodad et d’autres ONG signataires argumentent que la distinction PPTE / non-PPTE est complètement artificielle, et que l’urgence aujourd’hui est d’annuler les dettes détenues par tous les pays latino-américains envers la BID, afin que ces derniers puissent espérer atteindre les ODM. Jusqu’à présent, cependant, cette question est restée totalement absente des débats politiques. Concernant Haïti, qui est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental (et qui, de façon ironique, n’a été classé PPTE que très récemment), bien que les Gouverneurs aient tous reconnu l’urgence de la situation économique et sociale du pays, ils semblent peu enclins à lui accorder une annulation de dette immédiate et inconditionnelle. Au lieu de cela, ils insistent pour qu’Haïti termine le processus de l’Initiative PPTE, qui lui permettra d’obtenir une annulation de sa dette (dans la mesure où tout se déroule correctement, ce qui n’est évidemment pas le cas), mais pas avant 2010. C’est non seulement complètement ridicule, car Haïti ne peut pas rembourser ses dettes, mais c’est en plus profondément choquant. Haïti traverse une grave crise humanitaire ; toute tentative de récupération de crédits de la part des créanciers du pays devrait par conséquent être tout simplement impensable.

La prochaine rencontre du comité ad hoc est prévue en novembre prochain. La BID a été chargée de développer une série de propositions de mise en œuvre de cette annulation, qui seront présentées au comité. Les ONG d’Amérique latine, d’Amérique du Nord et d’Europe vont poursuivre leurs efforts pour placer ce thème au cœur des débats, et remercient toutes les organisations ayant faxé les lettres à la BID et à leur gouvernement avant qu’ait lieu la première rencontre. A suivre !


Analyse : L’Afghanistan au Club de Paris


L’Afghanistan au Club de Paris

Le 19 juillet 2006, les gouvernements créanciers du Club de Paris ont accordé à l’Afghanistan une annulation de 67 % (1,6 milliards de USD) de ses arriérés et intérêts de retard ainsi que de ses échéances jusqu’à 2009, le tout selon les Termes de Naples. L’accord rééchelonne 0,8 milliard de USD (33 % du montant restant) sur 23 ans, et diffère également 100% des intérêts moratoires dus sur la période de consolidation au titre du rééchelonnement : l’Afghanistan ne paiera donc rien avant 2011. Tout cela peut sembler impressionnant et généreux, mais doit cependant être mis en perspective avec les 11,3 milliards de USD de stock total de dette de l’Afghanistan envers le Club de Paris : la majeure partie de cette dette est en effet due à la Russie et a été contractée pendant les années d’occupation soviétique, ce qui soulève la question fondamentale de sa légitimité.

Une phrase du communiqué de presse – toujours très sec et d’apparence « technique » - doit être relevée. Elle précise en effet que « ce traitement est une première étape dans la mise en œuvre des engagements faits par les Gouvernements de l’Allemagne, les Etats-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie à l’occasion de la Conférence de Londres en Afghanistan le 31 janvier 2006, d’annuler 100% de la dette de l’Afghanistan dans le cadre d’une mise en œuvre fructueuse par l’Afghanistan du processus de l’initiative PPTE, dans le respect de leurs contraintes réglementaires internes ».

Cette déclaration est très intéressante dans la mesure où elle prouve qu’une fois encore, la liste des PPTE – avec tous ses défauts dus aux conditionnalités économiques et aux obligations imposées de l’extérieur – peut en fait être « rouverte » à tout moment, si tant est qu’il existe la volonté politique de le faire. Cela révèle également que, l’objectif final étant auparavant déterminé au niveau politique, le processus du Club de Paris, avec ses termes et ses conditions, n’est qu’un mécanisme obligeant les pays bénéficiaires à suivre la trajectoire imposée de l’extérieur par les IFI. Une preuve de plus du caractère injuste et unilatéral de l’architecture actuelle de la dette internationale.

Pour consulter le document du Club de Paris:

http://www.clubdeparis.org/


Publication: Manuel de CETIM sur l’audit de la dette


Manuel de CETIM sur l’audit de la dette

Chers ami-e-s, chers collègues,

Nous vous contactons pour vous proposer notre manuel sur l’audit de la dette. Comme vous le savez, l’annulation de la dette est petit à petit devenue une solution pertinente et une revendication de poids, sur la scène des pays du Tiers Monde, puis sur la scène internationale, et ce notamment grâce aux campagnes portées par le Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM), Jubilee South et d’autres mouvements et associations. La question est de savoir sur quelles démonstrations « scientifiques » peut-on baser toutes ces discussions/réflexions et les actions à venir ? La réalisation d’audits semble constituer une solide base de départ.

Le règlement de la question de la dette des pays du Tiers Monde doit se baser sur le respect des principes du droit et de la légalité, sur l’observation des postulats de légitimité et de responsabilité, sur le respect des obligations et des pratiques contractuelles, sur le principe de l’équité et des rapports d’équilibre (partage de risques) entre débiteurs et créanciers, sur la garantie de confiance et de reconnaissance mutuelle qui doit prévaloir afin de permettre l’exercice d’une justice nécessaire. La mise en route ou la réalisation d’audits sur la dette, à l’échelle internationale comme dans les différents pays, s’imposent donc de plus en plus comme des urgences. De surcroît, à l’échelle des nations surtout, cela semble pouvoir constituer un objectif réalistement atteignable, pouvant même déboucher sur des victoires bienvenues, comme cela a été mentionné dans la dernière déclaration de Jubilé Sud, lors de la consultation Sud-Nord sur les résistances et alternatives à la domination de la dette, La Havane, septembre 2005.

Pour cela, le CETIM, le CADTM, soutenus par le South Centre et l’Association américaine de juristes (AAJ), ont organise deux séminaires de travail avec des experts reconnus dans leurs domaines de spécialisation et convaincus de la nécessité de réaliser des audits: des députes parlementaires, des militant-e-s et des juristes, etc.

Nous sommes aujourd’hui à même de vous proposer notre manuel sur l’audit de la dette, qui sera publié autour de septembre 2006 en anglais, français et espagnol. Nous voulons que ce manuel soit utilisé à la fois comme un manuel didactique et pratique sur l’audit à l’intention des gouvernements, des parlementaires, des mouvements sociaux et des citoyen-ne-s du Nord et du Sud.

Nous voulons savoir si premièrement vous étiez intéressé à recevoir et diffuser ce manuel à votre réseau. Combien d’exemplaires voudriez-vous recevoir ? Est-ce que cela vous dérange si votre organisation est cite dans ce manuel, afin de vous remercier pour votre travail de diffusion? MERCI DE NOUS REPONDRE AVANT LE 20 AOUT 2006 (adresse e-mail ci-dessous). N’hésitez pas à diffuser cette annonce dans vos réseaux et autres contacts qui seraient intéressés par ce manuel.

Etant donné que nous n’avons pas couvert tout le budget, nous vous demanderons d’acheter au prix coûtant les exemplaires du manuel commandés Le prix variera entre 1€ et 1€ 20. Si votre organisation connaît des problèmes financiers, faites-le-nous savoir. Notez que ces manuels sont gratuits pour les organisations du Sud!

Salutations cordiales.

Julie Duchatel, CETIM

Contact: cetim@bluewin.ch



Evénements: Conférence Annuelle d’Eurodad


Conférence Annuelle d’Eurodad

De l’illégitimité à la responsabilité : transformer le financement du développement

29 – 31 Octobre 2006, Berlin, Allemagne

En collaboration avec Erlassjahr.de

La conférence annuelle d’Eurodad est une excellente opportunité, pour les militants des ONG spécialisés sur les questions de la dette et de l’aide au développement, d’apprendre les uns des autres, de débattre ensemble et d’avancer des propositions pour un travail en commun. Seront invités à participer des représentants des membres du réseau Eurodad, des intervenants de groupes du Sud travaillant sur ces thématiques, et des chercheurs et militants spécialisés sur les aspects du financement responsable mentionnés plus haut.

La conférence annuelle commencera le 29 octobre au soir, par un dîner d’ouverture. Un haut représentant du Ministère du Développement allemand viendra nous parler de la politique de son gouvernement et des projets qui seront mis en place lors de la présidence du pays à l’Union européenne et durant le Sommet du G8 en 2007

La conférence est ouverte à tout groupe de la société civile.

Des interprètes assureront la traduction en anglais, français et espagnol.

Pour plus d’information: http://www.eurodad.org



Evénements: Forum International des Peuples contre le FMI et la Banque mondiale



Invitation: Forum International des Peuples contre le FMI et la Banque mondiale du 15 au 17 septembre à Batam en Indonésie et à Singapour

Les 19 et 20 septembre 2006, la Banque mondiale et le FMI tiendront leur réunion annuelle d’automne à Singapour. Les mouvements d’Asie avec un groupe international de réseaux, de mouvements, de campagnes et d’ONG tiendront un Forum International des Peuples contre le FMI et la Banque mondiale de 15 au 17 septembre. Le Forum représentera une convergence d’activités et d’actions qui articuleront les critiques, des expressions de protestation et qui affirmeront des alternatives au rôle, aux politiques et aux opérations de ces institutions.

Nous vous invitions à prendre part à ce processus d’échanges, d’apprentissage, de mise en réseau, de construction de stratégie et actions de protestation au milieu de militants et de mouvements de plusieurs parties du monde.

Lieu du Forum

Le site principal du Forum est Batam en Indonésie, à 30-40 minutes en Ferry de Singapour. D’autres activités se tiendront également à Singapour. On attend la participation d’entre 600 et 900 personnes à ce Forum qui regroupera une diversité d’activités et d’événements.

Evénements et Activités

Plénières en matinée

En matinée se tiendront des sessions plénières (un maximum de deux plénières auront lieu en même temps) sur divers thèmes relatifs au rôle, aux politiques et aux opérations de la Banque mondiale et du FMI (par exemple la dette odieuse et la Banque mondiale/FMI). Les organisations qui convoquent le Forum organisent et coordonnent ces sessions plénières où auront lieu des présentations effectuées par des orateurs internationaux et des discussions ouvertes.

L’espace dédié aux plénières va de 8h00 à 10h45 et de 11h à 13h.

Après-midi

Dans l’après-midi auront lieu des séminaires, des ateliers et des rencontres. Les organisations sont invitées à tenir des séminaires, des ateliers et des réunions de stratégie les après-midi. Le Forum International des Peuples fournira des locaux et un matériel sonore pour entre 30 et 150 personnes, l’interprétation en au moins une langue asiatique (le Bahasa d’Indonésie) et aidera à la dissémination de l’information et à la publicité. Les organisateurs tentent également d’étendre les services d’interprétation au Thaï et au Coréen.

Les espaces dédiés à ces activités auront lieu de 14h à 16h15 et de 16h30 à 18h45.

Le premier jour - le 15 septembre – les séminaires, ateliers et rencontres concerneront des questions et préoccupations relatives à l’Indonésie.

Les organisateurs essaieront de faire en sorte que pas plus de 4 séminaires, ateliers et rencontres n’aient lieu en même temps.

Soirée culturelle et événements multi média

Le Forum International des Peuples organisera un événement culturel la première soirée (le 15 septembre). Les organisations participantes peuvent également se faire enregistrer pour organiser d’autres activités culturelles telles que des concerts, des présentations de danse, des activités théâtrales, des films etc.

Les espaces dédiés à ces activités auront lieu de 18h45 à 20h15 et de 20h30 à 22h00.

Activités de protestation

Une manifestation du Forum International des Peuples aura lieu le 18 septembre au matin. Les organisations participantes peuvent mettre sur pied d’autres actions de protestation que ce soit sur le site principal du Forum ou à Singapour.

Evénements spéciaux

Il est possible durant toute la journée d’ajouter des événements spéciaux au programme (comme le tribunal des peuples d’Asie sur la Dette et la Pauvreté). Nous invitons également les organisations à mettre sur pied des expositions sur le site du Forum.

Stands et tables de littérature

Les organisations peuvent également installer des stands et des tables de littérature.

Journée consacrée à l’Indonésie

Les mouvements sociaux indonésiens et les ONG ont décidé de réserver la première journée du Forum après la session d’ouverture à des activités concernant l’Indonésie.

Des activités pourront également avoir lieu à Singapour en coordination et avec l’aide des organisations convoquantes et des groupes partenaires basés à Singapour.

Inscription

Pour les organisations participantes et les individus


Remplissez le formulaire et envoyez-le à IPFregister@gmail.com. La date limite pour les inscriptions est le 31 août 2006. Vous recevrez une confirmation de votre inscription par mail.

Pour les inscriptions d’activités

Remplissez le formulaire et envoyez-le à IPFregister@gmail.com. La date limite pour les inscriptions est le 23 août 2006. Vous serez avisés pour le 20 août de l’heure définitive et du local.

Réservation de chambres

Remplissez le formulaire et envoyez-le à IPFregister@gmail.com.

Services médicaux et autres

Les participants recevront des plans qui leur indiqueront l’emplacement et les numéros de téléphone des médecins et services de santé ainsi que d’autres services. Les organisateurs mettront en place une équipe médicale d’urgence disponible sur appel.

Pour plus d’information, veuillez contacter IPFregister@gmail.com

L’invitation complète contenant l’information sur les visas, voyage, logement et nourriture aussi bien que les formulaires d’inscription se trouve sur le site d’Eurodad : www.eurodad.org




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