Comprendre le problème de la dette

La dette continue d'être un véritable fléau pour les populations des pays du Sud. Résultat d’une politique d’endettement aussi irresponsable de la part des gouvernements des pays créanciers que de la part de ceux des pays débiteurs, seules les populations des pays débiteurs en assument le coût, depuis plus de vingt ans, au prix de millions de vies humaines : le remboursement de la dette prive en effet les Etats de ressources nécessaires au financement des secteurs sociaux essentiels. Aujourd'hui encore, de nombreux pays pauvres consacrent davantage au remboursement de leur dette qu'aux dépenses de santé. Des millions d'enfants sont privés d'accès à l'éducation de base. A travers le monde, 30.000 enfants meurent, chaque jour, victimes de l'extrême pauvreté. Ce constat n'est pas acceptable.

Les pays riches, qui concentrent la grande majorité des richesses du monde, ont une lourde responsabilité dans l’accumulation de cette dette insupportable. Ils se prétendent solidaires, mais l' aide publique au développement qu'ils versent effectivement aux pays du Sud ne dépasse pas 50 milliards de dollars par an, tandis que dans le même temps, ces derniers paient chaque année plus de 350 milliards de dollars en remboursement de leur dette. Cette situation est aggravée par les conditionnalités économiques, politiques et financières drastiques (privatisations, libéralisations, réduction des dépenses publiques...) imposées par les pays créanciers et les Institutions financières internationales à leurs débiteurs. En l’absence de tout critère transparent à l’annulation de la dette, le sort de ces pays est livré au bon vouloir et aux conditions arbitraires de leurs créanciers.
L’annulation de la dette est donc une première étape essentielle à la satisfaction des droits humains fondamentaux.

C’est pourquoi la plate-forme agit pour l’annulation de la dette des pays du Sud. Elle poursuit trois objectifs majeurs :


Faire passer la vie avant la dette, c’est à dire l’effacer chaque fois que son remboursement empêche un pays de mener des politiques sociales vitales pour les populations.
Faire la lumière sur l’utilisation qui a été faite des créances passées, souvent au profit d’élites corrompues et des intérêts politiques et économiques des pays riches, afin d’annuler les dettes illégitimes, de faire payer les véritables responsables du surendettement et d'en finir avec les pratiques coupables du passé.
• Face à des solutions aujourd’hui arbitraires, au gré des intérêts des créanciers, nous plaidons pour la mise en place d’un droit international de la dette, élaboré par l’ensemble des acteurs concernés et non les seuls créanciers.